(Toronto) La Banque CIBC a investi dans diverses occasions de croissance, comme sa nouvelle image de marque et l’acquisition du portefeuille de cartes de crédit Costco, et tant les coûts de ces opérations que leurs bienfaits commencent à ressortir dans son bilan.

Mis à jour le 2 déc. 2021
Ian Bickis La Presse Canadienne

La banque a indiqué jeudi que ses revenus avaient augmenté de 10 % au quatrième trimestre, par rapport à il y a un, an pour atteindre 5,06 milliards, grâce à la croissance du volume des prêts, à celle des frais de transaction et à l’ajout de clients dans sa division des marchés des capitaux.

Cependant, les coûts ont également augmenté, de 7 % par rapport au trimestre précédent et de 8 % par rapport à il y a un an, principalement en raison d’une rémunération plus élevée des employés, mais aussi d’initiatives stratégiques.

Le chef de la direction de la CIBC, Victor Dodig, a souligné que la banque investissait pour la croissance future dans tous les aspects de l’organisation, de son nouveau siège social à Toronto aux succursales bancaires, en passant par les nouvelles technologies.

« Le thème général de notre banque et notre objectif stratégique en tant qu’équipe de direction sont de continuer à investir pour accroître notre part de marché au détriment de nos concurrents », a-t-il expliqué lors d’une conférence téléphonique avec des analystes pour discuter des plus récents résultats trimestriels.

La banque a affiché un bénéfice de 1,4 milliard au quatrième trimestre, soit 3,07 $ par action, pour le trimestre clos le 31 octobre, ce qui se compare à un bénéfice de 1 milliard, ou 2,20 $ par action, au même trimestre de l’année dernière.

En excluant les éléments non récurrents, la CIBC a réalisé un profit ajusté de 3,37 $ par action, en hausse par rapport à celui de 2,79 $ par action du même trimestre l’an dernier.

Les analystes s’attendaient en moyenne à ce que la banque réalise un bénéfice ajusté de 3,53 $ par action, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Ce retard par rapport aux prévisions est notamment attribuable à des dépenses plus élevées que prévu, ainsi qu’à une augmentation de 78 millions $ des provisions pour pertes sur créances, alors que les analystes s’attendaient à une baisse à ce chapitre.

L’analyste de la Banque Scotia, Meny Grauman, a indiqué dans une note que les détails de ces résultats financiers étaient meilleurs que pouvaient le suggérer les principales données, puisque l’augmentation de la provision pour mauvaises créances était liée à un changement des paramètres bancaires plutôt qu’à l’environnement de risque, tandis que les dépenses avaient grimpé en partie à cause du changement d’image de la banque.

« Le message de la banque au sujet de ses dépenses continue d’insister sur un réinvestissement supplémentaire dans l’entreprise, mais malgré le vent contraire de l’inflation pour l’exercice 2022, la direction continue de s’attendre à un levier d’exploitation positif pour l’ensemble de l’exercice grâce à une forte croissance continue des revenus. »

L’analyste John Aiken, de Barclays, a souligné dans une note que la croissance des prêts de la banque était solide au Canada et aux États-Unis, et que le levier d’exploitation pourrait rester positif malgré les investissements de la banque.

La banque a annoncé jeudi qu’elle verserait désormais un dividende trimestriel de 1,61 $ par action, contre 1,46 $ précédemment. La CIBC a également indiqué avoir l’intention de racheter un maximum de 10 millions de ses actions.

Le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) a levé le mois dernier les restrictions mises en place au début de la pandémie, qui interdisaient aux banques et aux assureurs de hausser leur dividende, de racheter leurs actions ou d’augmenter la rémunération de leurs dirigeants.

Profit annuel de 6,4 milliards

La CIBC a indiqué que ses activités bancaires aux particuliers et aux entreprises au Canada ont réalisé un profit de 597 millions, en hausse par rapport à celui de 590 millions $ d’il y a un an, tandis que les services bancaires commerciaux et la gestion de patrimoine au Canada ont gagné 442 millions, contre 340 millions au même trimestre l’an dernier.

Aux États-Unis, les services bancaires commerciaux et la gestion de patrimoine ont dégagé des profits de 256 millions, contre 135 millions il y a un an.

Les activités des marchés des capitaux de la CIBC ont gagné 378 millions, un profit en hausse par rapport à celui de 310 millions du même trimestre l’an dernier.

Pour l’ensemble de son exercice, la CIBC a réalisé un profit de 6,4 milliards, ou 13,93 $ par action, contre un bénéfice de 3,8 milliards, ou 8,22 $ par action, un an plus tôt. Ses revenus ont totalisé 20 milliards, contre 18,7 milliards lors de l’exercice précédent.