(Francfort) Profitant d’un fort rebond de la demande, le premier groupe européen du transport aérien Lufthansa a divisé par deux sa perte nette au deuxième trimestre et juge possible un retour à la profitabilité au 3e trimestre pour la première fois depuis mars 2020.

Agence France-Presse

Entre avril et juin, l’entreprise a affiché un résultat net de -756 millions d’euros contre -1,5 milliard sur cette période l’année dernière, conséquence d’une « reprise nette du marché et d’une hausse des réservations et du nombre de passagers » encouragées par des « assouplissements dans les restrictions de voyage », selon un communiqué publié jeudi.

« Pour le seul mois de juin, les réservations ont été multipliées par deux comparé au début du trimestre », explique la compagnie allemande, qui englobe aussi Austrian Airlines, Swiss et Brussels Airlines.

L’impact du variant Delta sur le transport aérien est moindre que dans d’autres branches, étant donné que « les restrictions dépendent presque tout le temps de tests ou de la vaccination » contrairement aux quarantaines qui sont « compliquées », selon le patron du groupe Carsten Spohr.

Conséquence également de la hausse des réservations, le groupe a dégagé un flux de trésorerie positif au deuxième trimestre, pour la première fois depuis le début de la pandémie, qui a plongé Lufthansa et le secteur dans une crise sans précédent.

Sur les trois mois écoulés, l’offre a atteint 29 % du niveau de 2019 pour 18 % des passagers.

Cet indicateur phare, qui représente le nombre de sièges offerts à la réservation, adapté par la compagnie à la demande attendue, avait atteint 31 % en 2020. Il doit progresser à 50 % au 3e trimestre et à 60 % en fin d’année, après 34 % pour le mois de juin.

Pour l’année entière, Lufthansa s’attend toujours à une capacité représentant 40 % du niveau d’avant-crise.

Frontières américaines

Comme l’offre doit atteindre quelque 50 % pour couvrir les frais, le groupe prévoit des activités rentables au troisième trimestre grâce à la période estivale qui était très attendue par le secteur touristique.

Il annonce ainsi un résultat opérationnel avant provisions et amortissements (EBITDA) dans le vert pour la période de juillet à septembre, contre près de -400 millions au 2e trimestre.

Important pilier de la reprise : le trafic transatlantique, redevenu malgré les sévères restrictions la liaison long-courrier « la plus importante et profitable », selon M. Spohr.

Les États-Unis, dont les frontières restent fermées à de très nombreux voyageurs étrangers, projettent de les rouvrir à terme aux personnes pleinement vaccinées, a fait savoir mercredi un responsable de la Maison-Blanche, sans donner de calendrier.

« La réouverture des voyages transatlantiques n’est qu’une question de temps », a commenté M. Spohr.

Lufthansa prévoit que l’assouplissement par les États-Unis sera effectif d’ici fin septembre.

« J’espère, et je pense, que ça arrivera avant », a ajouté le PDG du transporteur.

Le groupe, sauvé de la faillite par l’État allemand, traverse une vaste restructuration qui passe par une réduction du nombre d’avions dans la flotte. 30 000 emplois sur 138 000 ont déjà été supprimés, entraînant 1,1 milliard d’euros d’économies sur 1,8 milliard visés.

Cela inclut le départ de quelque 7500 personnes avec la récente vente de la filiale de traiteur LSG.

En Allemagne, 5000 postes restent à supprimer, M. Spohr se disant « optimiste » d’y parvenir sans licenciements notamment grâce à un nouveau programme de départs volontaires pour le personnel navigant.

Une mesure « qui fait très mal, mais qui est nécessaire pour la sauvegarde des 100 000 emplois restants », a justifié M. Spohr.

Pour rembourser l’aide publique, Lufthansa continue de travailler sur une augmentation de capital, en visant de la réaliser avant les élections législatives allemandes du 26 septembre.

Son montant sera « nettement inférieur » aux 3 à 4 milliards d’euros évoqués par la presse, a indiqué le directeur financier Remco Steenbergen.