(Montréal) La normalisation du marché du bois résidentiel force Stella-Jones à revoir à la baisse ses prévisions de bénéfice pour l’exercice 2021 et aura un impact sur ses marges.

Stéphane Rolland La Presse Canadienne

Malgré un bénéfice supérieur aux attentes au deuxième trimestre, le fabricant de traverses de chemin de fer, de poteaux et de bois à usage résidentiel anticipe un bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) inférieur à sa prévision initiale.

La direction a annoncé mardi qu’elle prévoyait un BAIIA entre 410 millions et 440 millions en 2021. Sa prévision précédente se situait plutôt dans une fourchette de 450 millions à 480 millions. En 2020, le BAIIA de l’entreprise était de 385 millions.

Cette révision est entièrement attribuable au déclin du segment résidentiel, précise l’analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marché des capitaux, dans une note publiée après les résultats. La société croit que les ventes augmenteront de 15 % à 20 % dans cette division, alors que sa prévision précédente visait une croissance de 45 % à 65 %.

Au cours de la période de trois mois terminée à la fin de juin, Stella-Jones a pu demander des prix plus élevés pour son bois traité, mais a observé une baisse de la demande en fin d’année, a expliqué Éric Vachon, président et chef de la direction, lors d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats trimestriels avec les analystes financiers.

La demande a été légèrement inférieure à ce à quoi nous nous attendions, ce qui fait en sorte que nous avons des stocks légèrement plus élevés que nous aurions normalement à ce temps-ci de l’année.

Éric Vachon, président et chef de la direction de Stella-Jones

La chute des prix du bois de près de 60 % à la fin du trimestre aura également un impact sur les marges, anticipe le dirigeant. « Ça met une pression sur le prix que nous pouvons demander à nos clients. Il y aura donc une pression sur les marges, le temps que le coût moyen de nos stocks diminue, lui aussi. »

Les investisseurs ne devraient pas être trop surpris de la révision des prévisions à la baisse, puisque la dépréciation des prix du bois résidentiel était connue, croit Michael Tupholme, de Valeurs mobilières TD. L’analyste conseille de profiter d’une possible faiblesse du titre pour augmenter sa position.

Pour sa part, M. Vachon s’est fait rassurant quant à la suite des choses pour l’entreprise. « Nous sommes persuadés que nos principales catégories de produits, à savoir les poteaux destinés aux sociétés de services publics ainsi que les traverses de chemin de fer, continueront d’enregistrer une croissance soutenue. »

Le bénéfice dépasse les attentes

Dans ses résultats pour le deuxième trimestre, dévoilés mardi, la société affiche un bénéfice par action supérieur aux attentes à 1,76 $, alors que les analystes prévoyaient 1,47 $, selon Refinitiv.

Si les ventes ont augmenté moins que prévu – de 18 %, à 903 millions –, les dépenses ont été inférieures aux prévisions des analystes, ce qui a permis d’enregistrer une rentabilité supérieure aux attentes.

Le BAIIA a augmenté de 50 % pour atteindre un record trimestriel de 180 millions, avec une marge de 20 %.

Les bons résultats du deuxième trimestre ont permis à la société de générer 173 millions en flux de trésorerie. Elle est d’ailleurs parvenue à réduire son ratio d’endettement, qui passe de 2,2 fois le BAIIA à 1,7 fois, note M. Poirier. Ce désendettement procure une plus grande marge de manœuvre financière à la direction de Stella-Jones, que ce soit pour faire des acquisitions ou racheter des actions, ajoute l’analyste de Desjardins Marché des capitaux.

Au sujet de potentielles acquisitions, M. Vachon affirme qu’il discute toujours avec les mêmes intervenants que lors de la dernière mise à jour, en mai. « Nous faisons des progrès et je crois que nous serons en mesure d’annoncer une transaction dans un avenir rapproché. »

À la Bourse de Toronto, l’action de Stella-Jones a clôturé en hausse de 0,95 %, à 47,70 $.