(New York) Le patron de Tesla, Elon Musk, se défendait lundi devant un tribunal américain pour son rôle dans l’acquisition controversée du fabricant de panneaux solaires SolarCity.  

Agence France-Presse

Le multimilliardaire est poursuivi par des investisseurs qui estiment qu’il a failli à ses devoirs quand il a décidé que Tesla rachèterait, en 2016, SolarCity pour 2,6 milliards de dollars.  

Son procès se tient devant un juge unique d’une Cour du Delaware, où est basée juridiquement l’entreprise, et devrait durer environ deux semaines.  

Elon Musk y témoignait lundi, a confirmé un représentant du tribunal à l’AFP.

Les membres du conseil d’administration de Tesla, également poursuivis, ont, eux, choisi de régler l’affaire en 2020 en versant 60 millions de dollars, sans admettre de culpabilité.

Elon Musk n’a pas souhaité prendre part à cet accord.

PHOTO MIKE BLAKE, ARCHIVES REUTERS

Pour les plaignants, le rachat de SolarCity par Tesla était simplement une façon d’aider le fabricant de batteries, qui approchait de la faillite. Ce qui a profité à Elon Musk, son frère, ses cousins et à quelques personnes au sein de Tesla, au détriment de Tesla et de ses actionnaires minoritaires.  

Les investisseurs qui ont porté plainte en nom collectif contre lui, principalement des fonds de pension et des sociétés d’investissements, lui reprochent de ne pas avoir servir leurs meilleurs intérêts et d’avoir gâché des biens de Tesla en rachetant SolarCity en 2016, alors même que cette entreprise était loin d’être rentable et fortement endettée.

Elon Musk était alors président du conseil d’administration des deux entreprises et possédait des parts de SolarCity, une société co-fondée par deux cousins suite à sa suggestion.  

Pour les plaignants, le rachat était simplement une façon d’aider SolarCity, qui approchait de la faillite. Ce qui a profité à Elon Musk, son frère, ses cousins et à quelques personnes au sein de Tesla, au détriment du groupe et de ses actionnaires minoritaires.  

Ils demandent des dommages, sans préciser de montant.

Le bien-fondé de la transaction avait déjà été mis en doute par des actionnaires à l’époque : Tesla avait perdu plus de 3,4 milliards de dollars de valorisation boursière lors de la seule séance ayant suivi les premières informations sur l’opération.

Mais ils avaient fini par se laisser convaincre et par donner leur feu vert.  

Elon Musk a plusieurs fois défendu cette opération, destinée selon lui à faire de Tesla un groupe diversifié dans les énergies renouvelables.

Le procès doit notamment déterminer si Elon Musk, qui possédait environ 22 % des droits de vote à l’époque, peut être considéré comme contrôlant la société.

Dans son rapport annuel publié en janvier, l’entreprise affirmait encore que les plaintes contre l’acquisition de SolarCity étaient « non fondées » et qu’elle avait bien l’intention de se défendre « vigoureusement ».  

S’il arrive parfois que le juge du tribunal en question donne sa décision à la fin du procès, il la rend en général par écrit à une date ultérieure, a souligné le représentant du tribunal.  

Depuis le début, cette transaction « représente une tâche pour Musk et Tesla », estime Dan Ives, analyste pour Wedbush. « Même si (SolarCity) peut encore être prometteur, de nombreux investisseurs accordent une valeur minime à cet actif », souligne-t-il.  

Ils vont probablement surveiller l’issue du procès pour voir si cela peut influencer la gouvernance de Tesla, ajoute M. Ives.