L’action de MTY a bondi vendredi après que le franchiseur montréalais eut fracassé les attentes et prévenu que les prix allaient inévitablement augmenter sur les menus des établissements de ses différentes enseignes en raison de la hausse du coût des aliments et de la pénurie de main-d’œuvre qui fait monter le salaire versé aux employés.

Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

La direction de MTY a aussi révélé vendredi avoir vendu le mois dernier sa participation de 80 % dans Houston Avenue Bar & Grill et Industria Pizza+Bar contre une somme de 7,5 millions de dollars et une contrepartie éventuelle pouvant atteindre 3 millions de dollars.

MTY avait acheté ces actifs il y a quatre ans. La valeur de la transaction avait alors été évaluée à 13 millions. Houston a six adresses au Québec, alors qu’Industria Pizza compte sept établissements (trois au Québec et quatre en Ontario).

L’action de MTY s’est appréciée de 17 % vendredi pour terminer la semaine à 63,52 $ à la Bourse de Toronto, son plus haut niveau depuis octobre 2019. Le titre avait glissé jusqu’à 14 $ en mars l’an passé lors du choc boursier.

MTY exploite des dizaines de marques, dont Ben & Florentine, Yuzu Sushi, Bâton Rouge, Mikes, Thai Express, Dagwoods et Valentine.

Signe que la situation financière se porte mieux et que le contexte est plus favorable, la direction a fait savoir vendredi qu’elle recommencerait à verser un dividende aux actionnaires dès le mois prochain. Le dividende avait été suspendu l’année dernière en réponse à la crise causée par la pandémie.

Les mesures de resserrement des coûts prises depuis le début de la pandémie et la performance enregistrée par certaines enseignes américaines clés, comme Cold Stone Creamery et Papa Murphy’s, ont notamment aidé MTY à générer un bénéfice d’exploitation ajusté de 44 millions pendant les mois de mars, avril et mai, alors que les experts s’attendaient à 31 millions.

L’entreprise a généré un profit par action de 93 cents qui dépasse largement le consensus des analystes, qui s’élevait à 43 cents.

Les dirigeants de MTY précisent que 258 établissements sont toujours temporairement fermés, l’équivalent d’un peu moins de 4 % de son réseau de restaurants.

Plusieurs défis

Le grand patron de MTY soutient qu’il est difficile en ce moment de « trouver de bons employés, fiables ». « C’est donc certain qu’il y aura un impact sur le coût de la main-d’œuvre », a dit Éric Lefebvre vendredi, durant une conférence téléphonique organisée en marge de la présentation de la plus récente performance financière trimestrielle de MTY.

« On paye déjà plus qu’on ne payait avant la pandémie alors que c’était déjà problématique de trouver de la main-d’œuvre dans plusieurs régions, dit-il. On devra maintenant payer plus. »

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Éric Lefebvre, PDG de MTY, en 2018

Les fournisseurs payent aussi davantage leurs employés. Nos distributeurs peinent également à trouver des chauffeurs et ont de la difficulté à trouver des gens pour travailler dans leurs centres de distribution. Le problème est généralisé.

Éric Lefebvre

Éric Lefebvre soutient que la capacité des franchisés à absorber ces coûts est inexistante. « On travaille avec des marges très minces. »

Le patron de MTY espère que les menus pourront être réorganisés pour mettre plus l’accent sur les plats dont le coût est le plus abordable. « Nous allons aussi pouvoir faire la promotion d’articles qui sont un peu plus rentables pour nos franchisés. Mais ultimement, il faudra toucher aux prix », ajoute-t-il en parlant d’une situation qui frappe toute l’industrie.

Éric Lefebvre cite à titre d’exemple le prix d’un conteneur en provenance d’Asie. « Le coût du conteneur est probablement 10 fois ce qu’il était il y a un an. On ne parle même pas de la nourriture, c’est le coût d’expédition qui coûte beaucoup plus. Si l’on ne touche pas à nos prix, on ne pourra éventuellement plus soutenir la structure de coûts. »

L’assemblée annuelle des actionnaires aura lieu jeudi prochain au siège social de MTY à Montréal. Elle sera tenue sous forme hybride et les actionnaires sont « encouragés » à y participer en ligne.