Pierre Karl Péladeau ne s’installera pas aux commandes chez Transat A.T. Les discussions entre les deux parties à propos de l’offre de l’homme d’affaires sont terminées, une annonce qui a fait perdre de l’altitude à l’action du voyagiste.

Julien Arsenault
Julien Arsenault La Presse

C’est donc sur la relance de ses activités, qui doivent reprendre progressivement et qui seront pilotées par la nouvelle présidente et cheffe de la direction Annick Guérard, que la société mère d’Air Transat se penchera. L’entreprise a également annoncé lundi la dissolution du comité spécial qui avait été mis en place pour étudier des options stratégiques.

« Il n’y a plus d’offre à examiner, donc le comité prend fin, a expliqué le porte-parole de Transat A.T., Christophe Hennebelle. S’il y a une autre offre, un autre comité sera formé. »

Il n’avait pas été possible d’obtenir une réaction de M. Péladeau, lundi après-midi.

À la suite de l’échec du mariage entre Air Canada et Transat A.T., l’actionnaire de contrôle de Québecor avait présenté, le 7 avril, une proposition non contraignante par l’entremise de sa société Gestion MTRHP de 5 $, en espèces, pour chacune des actions en circulation du voyagiste.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Pierre Karl Péladeau

Mais les négociations semblaient fragilisées depuis quelques semaines. Le 13 mai dernier, l’homme d’affaires avait affirmé qu’il ne souhaitait plus conclure une transaction en raison des réticences de Letko, Brosseau & Associés, le plus important actionnaire de Transat. A.T., à accepter une offre à 5 $ l’action.

Les discussions s’étaient toutefois poursuivies, avait indiqué la société, le 10 juin dernier, en dévoilant ses résultats du deuxième trimestre.

Compte tenu du cours actuel, le prix offert ne permet plus d’envisager raisonnablement que la transaction pourrait recevoir l’aval nécessaire des actionnaires aux fins de pouvoir procéder.

Transat A.T., dans un communiqué

Depuis le début du mois de juin, le cours du titre de l’entreprise s’était envolé d’environ 40 % pour clôturer à 7,21 $, vendredi dernier. L’action a toutefois piqué du nez dans la foulée du retrait de M. Péladeau. Sur le parquet de Bay Street, lundi, elle a retraité de 8,9 %, ou 64 cents, pour se négocier à 6,57 $.

Grâce à l’entente intervenue avec Ottawa afin d’emprunter jusqu’à 700 millions de dollars, Transat A.T. estime avoir les reins assez solides pour procéder à un redémarrage progressif de ses activités aériennes, interrompues depuis la fin janvier.

Mme Guérard avait annoncé ses couleurs en signalant que le redécollage de Transat A.T. passera par les activités aériennes de la compagnie, qui offre également des forfaits vacances.

Air Transat mettra ainsi l’accent sur l’est du Canada, et particulièrement sur Montréal, ainsi que sur des vols à destination des États-Unis. L’entreprise veut aussi miser sur un réseau de liaisons intérieures vers les provinces de l’Ouest canadien, continuer à offrir des vols internationaux et conclure des alliances avec d’autres transporteurs.

Air Transat et les autres grands transporteurs – Air Canada, WestJet et Jazz Aviation – qui sont représentés par le Conseil national des lignes aériennes du Canada ont par ailleurs qualifié de « pas dans la bonne direction » les récents assouplissements annoncés par le gouvernement Trudeau.

À compter du 6 juillet, les voyageurs canadiens adéquatement vaccinés seront dispensés de quarantaine, à l’hôtel comme à la maison, si le résultat de leur test de dépistage est négatif à l’arrivée.

Le Conseil a toutefois déploré la lenteur d’Ottawa à fournir un « plan de relance clair et global » pour les voyages à l’étranger.