Les activités ont repris chez Moment Factory après une année ponctuée de mises à pied et de diminutions de salaire. L’entreprise reconnue internationalement pour ses créations multimédias et immersives vient de signer de nouveaux contrats et veut recruter une quarantaine d’employés.

Isabelle Dubé
Isabelle Dubé La Presse

Moment Factory a repris ses activités au rythme d’avant la pandémie. Le nouveau parcours nocturne Lumina est présenté à Rochefort, en France, l’environnement multimédia dans la gare de Shinjuku à Tokyo, au Japon, a été installé avec succès, tout comme celui qui sera terminé en juillet à l’aéroport de Hong Kong, tandis que l’entreprise sera pour la première fois en Australie avec une exposition d’art numérique inédite.

« On a eu des go formels, des confirmations de projets d’infrastructure partout dans le monde, mais on ne peut pas les divulguer tout de suite », affirme avec enthousiasme au téléphone Éric Fournier, associé de Moment Factory.

L’entreprise observe une soif de vivre en dehors de la maison, de vivre des expériences en groupe à l’extérieur, et c’est justement ce type d’évènements qu’elle crée depuis quelques années. Moment Factory constate aussi une demande pour la mise en valeur du patrimoine, étant donné que plusieurs se sont tournés vers le tourisme local à cause de la fermeture des frontières.

Si l’industrie du divertissement a été l’une des plus touchées par la pandémie, l’entreprise montréalaise affirme avoir réussi à s’en sortir grâce à la solidité de son modèle d’affaires qui repose, entre autres, sur la diversification de ses activités dans différentes industries.

« Je pense que la COVID-19 est derrière nous, poursuit Éric Fournier. Il y a beaucoup d’optimisme chez nos clients dans tous les domaines. Les gens du monde du spectacle, comme Billie Eilish – avec qui Moment Factory a collaboré –, recommencent à parler de tournées. On sent que chaque industrie dans laquelle on évolue reprend graduellement le contrôle de sa croissance. »

Après avoir été contrainte de mettre à pied 40 employés, l’automne dernier, et de réduire de 10 % les salaires des gestionnaires jusqu’au printemps 2021, Moment Factory veut maintenant recruter une quarantaine de personnes en création et innovation.

« Beaucoup de projets sont dans les premières étapes de développement, et ce sont ces premières personnes qui viennent définir les projets », indique Éric Fournier.

L’entreprise a réussi à mener à bien ses projets en télétravail et même à distance, en Asie, en revoyant ses méthodes de travail. Même si plusieurs employés ont hâte de voyager à nouveau, Moment Factory prévoit désormais optimiser les déplacements à l’étranger.

Pour ce qui est du travail dans les bureaux, les employés peuvent déjà y revenir progressivement, et l’entreprise offre un lunch gratuit comme incitatif. « On a décidé d’opter pour le modèle hybride dont tout le monde parle. On veut faire des studios de Montréal un hub, où les gens vont venir régulièrement travailler, se voir. Nos studios, c’est un centre de création, d’innovation, donc c’est important qu’on puisse y travailler ensemble sur place à faire arriver de nouvelles idées. »

Moment Factory utilise encore les subventions du fédéral, mais affirme être en train de planifier la suite de ses activités d’affaires sans l’aide du gouvernement.