(Washington) Donald Trump a affirmé jeudi que ses équipes présenteraient au cours du week-end un plan de sauvetage aux compagnies aériennes asphyxiées financièrement par la pandémie de COVID-19, qui a réduit le trafic aérien comme peau de chagrin.

Agence France-Presse

Le président américain, fidèle à son habitude, a été très vague pendant son point de presse quotidien consacré à la lutte contre la pandémie.

« Nous allons probablement faire une proposition et leur (les compagnies aériennes) donner des détails, certains détails puissants, durant le week-end », a dit M. Trump, sans dévoiler aucun de ces détails.

« Cela avance vite », a-t-il encore souligné.

Il n’a pas exclu que des discussions directes « avec certaines ou toutes les compagnies aériennes » puissent se tenir dès ce week-end.

« Il s’agira d’une série de mesures acceptables, c’est une très grosse série et très acceptable. Ce sera bon pour le pays et bon pour les compagnies aériennes », a ajouté le président.

Les compagnies aériennes américaines ont besoin de beaucoup d’argent et vite. Le Congrès a déjà réservé 50 milliards de dollars pour qu’elles préservent l’emploi dans son gigantesque plan de relance de 2200 milliards adopté vendredi dernier.

Mais si elles veulent bien tendre la main, les compagnies ne sont pas forcément prêtes à accepter les contreparties que suggère le gouvernement.

Des sources industrielles ont indiqué cette semaine à l’AFP qu’un bras de fer se jouait entre le Trésor, qui est à la manœuvre pour le gouvernement, et les entreprises.

Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, avait évoqué la semaine dernière que c’était à lui « de déterminer une compensation adéquate » pour l’aide du contribuable.

Une des contreparties en discussion est une prise de participation au capital, dont l’ampleur dira si c’est une nationalisation ou pas. Dans tous les cas, cette hypothèse est considérée comme une ligne rouge par les dirigeants, d’après des sources industrielles. Car ils redoutent que l’État actionnaire soit un repoussoir pour les marchés financiers.

American Airlines, United Airlines, Delta Air Lines et Southwest, les quatre grandes compagnies américaines, hésitent, expliquent les mêmes sources, à accepter l’aide publique, malgré l’érosion brutale de leurs revenus. Après un premier trimestre qui s’annonce catastrophique, Delta prévoit une chute de 90 % de son chiffre d’affaires au deuxième trimestre, tandis qu’American a supprimé 90 % de ses vols de et vers New York, un marché important.

Mais même si elles sont aux abois et souffrent d’une mauvaise réputation – elles ont consacré 39 milliards de dollars à choyer les actionnaires plutôt que de se constituer un trésor de guerre – leur importance stratégique leur donne beaucoup de poids dans la négociation.

Elles représentent des centaines de milliers d’emplois directs et indirects et sont cruciales au fonctionnement de la première économie du monde.