Air Canada et WestJet ont annoncé mercredi leur intention de se prévaloir du programme fédéral d’aide aux entreprises pour réembaucher des milliers d’employés mis à pied au cours des dernières semaines. Transat pourrait bientôt faire de même.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

« Par suite d’une analyse des renseignements publiés à propos de la Subvention salariale d’urgence du Canada ainsi que de discussions menées auprès de représentants du ministère des Finances sur certains points d’interprétation du programme, et sous réserve que le programme prenne force de loi conformément à ce qui a été annoncé, Air Canada a l’intention de se prévaloir de la Subvention salariale d’urgence du Canada dans l’intérêt de ses 36 000 employés au pays », a indiqué mercredi matin l’entreprise dans un communiqué.

Air Canada avait annoncé à la fin mars la mise à pied d’environ la moitié de ses 36 000 employés. Le lendemain, Ottawa dévoilait la Subvention salariale d’urgence du Canada, laquelle est destinée à convaincre les entreprises de conserver leur main-d’œuvre en assumant à leur place 75 % des salaires. En procédant à cette annonce, M. Trudeau avait encouragé les entreprises qui le pouvaient à verser les 25 % manquant.

Ce ne sera pas le cas d’Air Canada, qui laissera par ailleurs ces employés à la maison, « étant donné qu’il n’y a pas de travail pour eux », a indiqué par courriel une porte-parole. Ils auront néanmoins droit à « tous les avantages sociaux » normalement dus.

Tous les syndicats d’Air Canada ont appuyé cette décision, affirme le communiqué. L’Association internationale des Machinistes, l’un de ces syndicats, s’est réjouie qu’une entente conclue avec l’employeur permette à ses membres de choisir entre une fin de leur mise à pied, qui leur vaudrait 75 % de leur salaire, et la Prestation canadienne d’urgence, qui verse 2000 $ par mois, en fonction de ce qui est plus avantageux pour eux.

Air Canada a jusqu’ici réduit sa capacité d’environ 85 % à 90 %. Sans préciser l’ampleur de ses pertes de revenus, il mentionne qu’elles sont supérieures à 30 %, le seuil d’admissibilité fixé par Ottawa.

WestJet et Transat

L’annonce d’Air Canada est survenue presque au même moment où le plus important syndicat de pilotes au pays, qui représente les pilotes de presque tous les transporteurs à l’exception d’Air Canada, exhortait le gouvernement fédéral d’aider l’industrie aérienne.

La Subvention salariale d’urgence « est définitivement un pas dans la bonne direction », a indiqué à La Presse Tim Perry, président canadien de l’Air Line Pilots Association (ALPA Canada). « Mais elle est disponible depuis huit jours et je constate qu’aucun de nos employeurs n’a décidé de l’utiliser. Je présume qu’ils comparent les coûts et les bénéfices et qu’ils ne sont pas satisfaits. J’espère que tous les transporteurs vont s’en servir. Si et quand ils le feront, on verra s’il est toujours nécessaire d’en demander plus au gouvernement fédéral. »

Plus tard, en soirée, WestJet confirmait son intention de ramener près de 6400 employés sous son aile. Eux non plus n’auront pas tous du travail, à indiqué l’entreprise.

Transat, de son côté, y songe.

« Depuis la première annonce du programme, on souhaite pouvoir l’utiliser pour remettre nos employés sur notre liste de paie », affirme le vice-président aux ressources humaines et aux communications de Transat, Christophe Hennebelle. « Nous sommes impatients de lire le projet de loi pour voir s’il va nous le permettre. »

Entre autres inquiétudes, Transat souhaite ne pas avoir l’obligation de compléter la paie de ses employés, qui correspond à plus de 25 % de celle-ci quand le salaire est supérieur au plafond prévu par Ottawa. « Si on en avait les moyens, on ne les aurait pas mis à pied », fait valoir M. Hennebelle.