Alors qu’elle s’affaire à préparer une proposition à présenter à ses créanciers, Nemaska Lithium a une fois de plus sabré la moitié de son effectif en procédant au licenciement de 29 personnes afin de réduire ses coûts.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

Selon l’entreprise, cette décision est nécessaire pour préserver les « liquidités en prévision de l’examen d’alternatives disponibles, incluant tout refinancement permettant une relance ordonnée du projet » de mine et d’usine de transformation de lithium. La société conserve environ 30 employés.

« Cette difficile décision était inévitable à ce stade-ci, a souligné le président et chef de la direction de Nemaska Lithium, Guy Bourassa. C’est avec beaucoup de tristesse que nous devons laisser partir nos collègues. »

Le couperet était tombé une première fois en octobre dernier quand Nemaska Lithium, qui est à l’abri de ses créanciers depuis le 23 décembre dernier, avait réduit de moitié son effectif en congédiant 64 de ses 130 employés.

Le projet de l’entreprise consistait à transformer, dans une usine électrochimique à Shawinigan, du minerai de spodumène extrait de la mine Whabouchi — à quelque 300 kilomètres au nord de Chibougamau — en sels de lithium à valeur ajoutée.

Ces derniers seraient ensuite vendus à des fabricants de matériaux de cathodes destinés aux batteries rechargeables au lithium-ion.

Toutefois, les dépassements de coûts ont fait bondir la facture du projet à 1,4 milliard, alors qu’elle était initialement estimée à 875 millions. Cela a forcé la compagnie à trouver plus d’argent, en plus d’interrompre la construction de son usine de Shawinigan.

« Nous espérons de tout cœur avoir le privilège de revoir la majorité d’entre eux (les employés) lors de la relance éventuelle du projet », a fait valoir M. Bourassa.

Québec a injecté 130 millions dans l’aventure, dont 80 millions en capital-actions. Investissement Québec était ainsi le plus important actionnaire de la société avec une participation avoisinant 13 %.

En principe, Nemaska Lithium, qui traîne des créances de 161 millions, doit revenir devant le tribunal le 14 février dans le cadre des procédures en vertu de Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

La compagnie avait négocié avec Pallinghurst à propos d’un investissement potentiel de 600 millions, mais il n’y a pas eu d’entente. La période d’exclusivité prenait fin le 31 décembre et la fenêtre n’a pas été prolongée.

À la Bourse de Toronto, l’inscription de Nemaska Lithium sera radiée le 6 février à la fermeture des marchés. La compagnie pourrait demander une réinscription lorsqu’elle ne sera plus à l’abri de ses créanciers.

La société est également impliquée dans un litige judiciaire avec des créanciers obligataires qui détiennent des obligations de 350 millions. La cause reviendra devant le tribunal le mois prochain.