(New York) American Airlines a fait une croix jeudi sur la remise en service avant l’été du Boeing 737 MAX, dont l’immobilisation au sol depuis dix mois est un casse-tête financier pour les compagnies aériennes, qui cherchent à rassurer les passagers.

Agence France-Presse

« Le MAX demeure un problème en 2020 », a déclaré le PDG Doug Parker, lors d’une conférence téléphonique, ajoutant qu’American Airlines ne pourra pas remettre cet aéronef dans son programme de vols « avant la fin de l’été, début automne ».

« Disons que ça va prendre le même nombre de mois en 2020 qu’en 2019. Par conséquent, l’impact financier du MAX n’est pas positif », a-t-il déploré.

American rejoint sa compatriote et concurrente United Airlines, qui a renoncé mercredi à faire voler le 737 MAX cet été, période cruciale pour les grands déplacements des vacances, dans la mesure où Boeing ne pense pas pouvoir obtenir la levée de l’interdiction de vol de l’appareil avant mi-2020.

Le MAX est cloué au sol depuis le 13 mars 2019 après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts. Cette décision a conduit les compagnies aériennes à annuler des dizaines de milliers de vols.

American, qui a encore repoussé récemment à début juin la reprise des vols sur ses 24 737 MAX, a dû supprimer environ 10 000 vols au quatrième trimestre.

Campagne de communications

La facture s’est élevée à 540 millions de dollars l’an dernier, avait estimé le groupe, qui a négocié avec Boeing un accord d’indemnisation, dont il n’a pas révélé les détails financiers.  

Le bénéfice net annuel n’a augmenté que de 1,94 % à 1,7 milliard de dollars, dont 414 millions lors des trois derniers mois.

Southwest, première cliente du MAX avec 34 exemplaires en service avant l’interdiction de vol, a indiqué jeudi que ses bénéfices auraient été beaucoup plus élevés l’an dernier s’il n’y avait pas eu la crise du MAX.

« Nous estimons que nos résultats auraient été de 28 % plus élevés », a déclaré le PDG Gary Kelly, sur la chaîne de télévision CNBC, tout en affichant sa confiance en Boeing.

« Je crois en Boeing. C’est une entreprise importante pour notre pays. Ils répareront les dommages causés. Ils ont fait des erreurs et ils savent comment les réparer », a assuré M. Kelly, dont le groupe a fondé son expansion sur le succès du 737 MAX.

Southwest a dégagé en 2019 un bénéfice net de 2,3 milliards de dollars, en baisse de 6,7 %.  

Pour reconquérir le grand public, M. Kelly a préconisé une vaste campagne de communication, qui s’appuierait sur les pilotes et à laquelle prendraient part Boeing, le régulateur aérien américain FAA et Southwest.

« Nous devons insister sur la performance de l’avion pour que les gens aient confiance. Nous devons leur dire que nous ne le (MAX) ferons pas voler à moins d’être certains qu’il est fiable », a-t-il développé.

En attendant, les compagnies aériennes continuent de tirer profit de la solidité de l’économie américaine, qui dope le trafic sur les lignes domestiques.

Le taux de remplissage des avions d’American Airlines a par exemple augmenté de 2,4 % à 84,7 % au quatrième trimestre 2019, ce qui s’est traduit également par une progression de 3,4 % à 11,31 milliards de dollars du chiffre d’affaires lors de cette période.  

Le groupe a annoncé dans la foulée un objectif financier optimiste pour 2020 : le bénéfice par action ajusté des éléments exceptionnels, référence en Amérique du Nord, devrait être compris entre 4 et 6 dollars en 2020. Le haut de la fourchette est bien au-dessus des 4,91 dollars anticipés actuellement par les marchés et des 4,90 dollars gagnés en 2019.

La marge devrait elle stagner.