Une nouvelle démarche de désyndicalisation – la troisième en trois ans – se dessine à la Banque Laurentienne.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

La direction de la banque a indiqué jeudi avoir été informée par le Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) que ce dernier a reçu une requête d’un groupe d’employés visant à révoquer l’accréditation syndicale couvrant tous les employés syndiqués de la Laurentienne.

« Ces employés travaillent principalement au sein des succursales de la province de Québec, ainsi que, pour certains d’entre eux, dans les bureaux corporatifs de Montréal », précise la direction.

Deux précédentes démarches de désyndicalisation ont échoué en 2018. Dans le premier cas, plus de 60 % des employés ayant voté s’étaient prononcés en faveur du syndicat, alors que le CCRI avait écarté la requête suivante après avoir découvert que les déclarations soumises en preuve au soutien de la demande comportaient des signatures falsifiées.

L’effectif de la Laurentienne est actuellement d’un peu moins de 3000 employés et le nombre de syndiqués est inférieur à 1000. Après de longues et difficiles négociations, une nouvelle convention collective avait finalement été signée l’année dernière.

L’employé derrière la requête qui vient d’être déposée auprès du CCRI est, selon nos informations, le même qui avait mené la campagne de désyndicalisation précédente, Jonathan Leclerc. Il occupe toujours un poste de conseiller financier à la Laurentienne. Le syndicat a toujours soutenu que ses efforts étaient appuyés par la direction de la banque. Au moment de publier, il n’avait toujours pas été possible de parler à Jonathan Leclerc.

Appelée à réagir, la présidente du syndicat, Julie Tancrède, a simplement fait savoir que le syndicat «analysait la situation».

La banque est dirigée depuis deux mois par Rania Llewellyn. Elle a pris la relève de François Desjardins qui a quitté son poste en milieu d’année après avoir lancé un ambitieux plan de transformation il y a cinq ans. Ce plan oriente la Laurentienne vers le conseil financier et les services numériques. Le nombre de succursales est passé de 150 il y a cinq ans à une soixantaine aujourd’hui.

Débauchée à la Banque Scotia, Rania Llewellyn a déjà annoncé des changements organisationnels cet automne et doit choisir prochainement un nouveau dirigeant pour les services aux particuliers. Elle doit aussi bientôt révéler la nouvelle orientation stratégique qu’elle souhaite donner à l’institution financière.

La Laurentienne est la septième banque en importance au pays et la seule syndiquée. L’action de la Laurentienne a perdu 30 % de sa valeur depuis le début de l’année.