Pour la deuxième fois en deux ans, la Banque Nationale complète une acquisition à l’étranger. Cette fois, la plus grande institution bancaire au Québec débloque 300 millions pour qu’une entreprise de financement spécialisée d’Atlanta, en Géorgie, devienne une filiale en propriété exclusive de la Banque Nationale.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

La transaction se concrétisera au cours des trois premiers mois de 2021 et verra la Banque Nationale acquérir la totalité des actions de Credigy qu’elle ne détient pas encore.

La Banque Nationale avait d’abord acheté une participation majoritaire de 68 % dans Credigy en 2006 au prix d’une soixantaine de millions de dollars. Cette participation avait été haussée à 80 % l’année suivante au coût de 10 millions additionnels.

Les 20 % restants que la banque ne détenait pas encore ont été décrochés pour une somme de 235 millions US (300 millions CAN). La valeur de Credigy s’est donc fortement appréciée depuis 14 ans.

En 2006, l’actif de Credigy s’élevait à une centaine de millions ; il dépasse maintenant 7 milliards de dollars canadiens.

Pour l’exercice financier 2020, la participation supplémentaire de 20 % acquise dans Credigy aurait augmenté de 7 cents le bénéfice dilué par action de la Banque Nationale.

« Credigy a largement dépassé nos attentes en matière de croissance et de rendement, et nous estimons qu’elle présente toujours un potentiel de croissance attrayant dans l’avenir. », commente le PDG Louis Vachon.

Fondée en 2001, Credigy fournit essentiellement des solutions sur mesure pour l’acquisition ou le financement d’actifs liés au secteur de la consommation.

L’automne dernier, la Banque Nationale avait déboursé 83,5 millions pour acquérir la participation restante de 10 % qu’elle ne détenait pas encore dans ABA Bank, une institution financière du Cambodge.

Credigy, ABA Bank et quelques petites participations dans des groupes financiers des marchés émergents de l’axe Afrique-Asie font partie des activités internationales grandissantes de la Banque Nationale.

Ces activités internationales représentent maintenant 10 % du revenu total de la Nationale et près de 20 % du bénéfice net.

Résultats supérieurs aux attentes

À l’image des autres grandes banques canadiennes cette semaine, la performance financière de fin d’exercice présentée mercredi par la Nationale surpasse les prévisions des analystes.

Le bénéfice par action de 1,69 $ dégagé par la banque pour les mois d’août, septembre et octobre se compare avantageusement au consensus des analystes, qui s’élevait à 1,52 $.

L’écart par rapport aux attentes s’explique principalement par des revenus plus élevés que prévu et des provisions pour pertes sur prêts moins importantes, selon Darko Mihelic, chez RBC.

Le trimestre comporte cependant quelques éléments particuliers, ajoute l’analyste. « La banque a inscrit aux états financiers des montants en lien avec des indemnités de départ, des charges relatives à une filiale, et a vendu deux filiales au Brésil. Ce genre de choses est normal au cours d’une année difficile comme 2020, et je suis honnêtement étonné de ne pas encore avoir vu des choses semblables dans d’autres banques. »

Si les revenus de la banque sont en hausse sur un an, les profits ont diminué au dernier trimestre et pour l’ensemble de l’exercice marqué par la crise sanitaire.

« Malgré ce contexte exceptionnel, la banque a obtenu d’excellents résultats. Notre performance globale durant la pandémie a confirmé que nous avons fait les bons choix stratégiques », soutient Louis Vachon.

L’action de la Banque Nationale a cédé 1 %, à 72,59 $, mercredi. Comme celles des autres grandes banques canadiennes, elle s’était fortement appréciée depuis la fin d’octobre dans la foulée, notamment, de l’optimisme généré par la découverte de vaccins.