En rachetant la part minoritaire de la Caisse de dépôt dans trois parcs éoliens qu’elle exploite déjà au Québec, Boralex estime être en bonne position pour fournir à Hydro-Québec l’électricité supplémentaire dont elle aura besoin au cours des prochaines années, et à bon prix.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

« Quand les contrats actuels de ces parcs prendront fin, ils seront entièrement payés et nous pourrons offrir de l’électricité à Hydro-Québec à un prix très compétitif », a fait valoir vendredi le vice-président et chef de la direction financière de l’entreprise, Bruno Guilmette. 

« On a de bonnes chances de pouvoir s’entendre » avec Hydro-Québec pour prolonger les contrats, a-t-il dit.

Boralex a annoncé vendredi le rachat de la participation de 49 % détenue par la Caisse dans trois parcs éoliens pour une contrepartie totale de 125 millions. Le producteur d’énergie était devenu l’actionnaire majoritaire des trois parcs situés en Gaspésie et dans la région des Appalaches en 2018, lorsqu’il a racheté la participation du partenaire de la Caisse, Invenergy.

L’électricité produite par ces parcs éoliens est vendue en totalité à Hydro-Québec à des prix fixés par des contrats à long terme qui expirent en 2032 et 2033.

On a encore 12 belles années devant nous.

Bruno Guilmette, vice-président et chef de la direction financière de l’entreprise

Une fois les contrats terminés, ces actifs auront encore une longue vie devant eux, selon Bruno Guilmette. Boralex a donc bon espoir de pouvoir renouveler ses contrats d’approvisionnement avec Hydro-Québec, qui voit venir la fin de ses surplus et qui se prépare à lancer des appels d’offres pour acheter de l’électricité sur le marché.

L’apparition de nouveaux besoins chez Hydro-Québec fait saliver beaucoup de monde. Un gigantesque projet de développement éolien totalisant 1200 mégawatts est en gestation dans 16 MRC de l’est du Québec, qui en espèrent des retombées de 40 millions par année pendant 25 ans.

Les nouveaux besoins d’Hydro-Québec seront toutefois modestes au cours des prochaines années et le gouvernement de François Legault a déjà décidé que le prochain projet éolien qui sera construit au Québec sera celui de la communauté innue d’Apuiat, dont Boralex est le partenaire. Québec avait décidé de retarder ce projet en raison de l’importance des surplus d’électricité d’Hydro-Québec.

À plus court terme, Boralex profitera de l’acquisition de la part de la Caisse dans les trois parcs éoliens de l’est du Québec, qui portera sa capacité totale de production à 2212 mégawatts. L’entreprise prévoit que la transaction ajoutera 31 millions à son bénéfice d’exploitation avant amortissement et impôt annuellement.

L’action de Boralex a fini la journée en hausse de plus de 3 % vendredi à la Bourse de Toronto, à 39,22 $. Depuis un an, le titre a varié entre 17,91 $ et 43,32 $.