La pandémie et ses impacts foudroyants sur l’industrie du transport aérien ont fait fondre la valeur de l’investissement de Québec dans l’ancien C Series de 434 millions depuis mars dernier.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Au total, la baisse de valeur inscrite dans l’année financière 2019-2020 du gouvernement provincial s’établit maintenant à 1,037 milliard de dollars. La somme correspond à ce qui avait été dévoilé dans les états financiers du Fonds du développement économique (FDE), géré par Investissement Québec, à la fin septembre.

Selon le FDE, la perte se divise en deux. D’une part, 292 millions de dollars sont attribuables aux effets de la crise sanitaire mondiale sur la possibilité de générer des profits au cours des prochaines années, en particulier d’ici le 1er janvier 2026, date à laquelle Airbus rachètera obligatoirement la part de Québec.

La deuxième portion, de 745 millions de dollars, a été constatée selon le FDE au moment où Bombardier s’est retirée du programme A220, en février dernier. La part de Québec est alors passée d’un peu plus de 16 % à 25 %, sans déboursé additionnel. C’est toutefois aussi à cette période que l’on a constaté que le programme nécessitait d’importants investissements additionnels afin d’accélérer la production, ce qui repoussait dans le temps la possibilité de réaliser des profits.

Dans une conférence de presse, le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, avait alors plutôt évalué la dépréciation à environ 600 millions. C’est ce qui fait en sorte que la mise à jour économique dévoilée jeudi parle d’une perte « additionnelle » de 434 millions. Le total de 1037 millions est le même que celui constaté dans les états financiers du FDE.

Rappelons que l’investissement total de Québec dans le projet, annoncé en 2015, était de 1 milliard de dollars américains, ou environ 1,3 milliard de dollars canadiens à ce moment. La valeur de cet investissement est donc maintenant estimée à moins de 300 millions de dollars.