(San Francisco) Disney a continué à gagner du terrain dans le streaming et se pose un peu plus en principal concurrent de Netflix, ce qui lui a permis de reléguer jeudi en arrière-plan une perte nette de 710 millions de dollars au quatrième trimestre de son exercice fiscal 2020.

Luc OLINGA
Agence France-Presse

Les autres activités du groupe californien – parcs d’attractions, production de contenus pour la télévision et cinéma – restent affectées par les mesures de restriction liées à la pandémie. L’impact de la COVID-19 sur les comptes du groupe s’élevait au total à 2,4 milliards de dollars lors du dernier trimestre de l’exercice fiscal 2020 clos le 3 octobre.

Le coût sera d’environ 1 milliard pour 2021, mais tout dépendra du calendrier de reprise des opérations, a prévenu dans un communiqué jeudi Disney, dont le parc d’attractions californien est toujours fermé.

En attendant, Disney+, dernier concurrent de Netflix et priorité de Disney, engrange et va être déployé en Amérique latine dans les prochains jours.

La plateforme revendique désormais 73,7 millions d’abonnés, contre 57,5 millions à la fin du troisième trimestre.

« Le véritable point positif est l’activité de service direct au consommateur, qui est la clef de l’avenir de notre entreprise », a souligné Bob Chapek, le patron, cité dans le communiqué.

M. Chapek a fait remarquer, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes, que Disney+ avait « dépassé (les) pronostics les plus optimistes ».

« Nous avons déployé ce service dans plus de 20 pays à travers le monde et mardi prochain nous allons le lancer en Amérique latine, notamment au Brésil, Mexique, Chili et en Argentine. Ce sera ensuite dans d’autres marchés l’année prochaine », a déclaré le dirigeant.

Ces annonces ont fait bondir l’action de plus de 5 % dans les échanges électroniques suivant la clôture de la séance à Wall Street.

En avance

« Un an après son lancement, Disney “a atteint les objectifs fixés par Disney, avec quatre ans d’avance sur le calendrier », a commenté Eric Haggstrom, analyste chez eMarketer.

Entre le désamour du grand public pour les salles obscures, possibles lieux de contamination, et le succès du streaming auprès de consommateurs confinés chez eux, Disney a procédé récemment à une vaste réorganisation de ses divisions médias et divertissement afin de mettre l’accent sur ses plateformes Disney+, Hulu, ESPN+ et le futur service international Star.

Selon la nouvelle structure, toutes les activités de distribution et de commercialisation de contenus créés aussi bien pour le streaming sur l’internet que pour le cinéma ou la télévision seront regroupées en une seule unité.

Cette nouvelle division comprendra la gestion des opérations de Disney+.

Lors du quatrième trimestre, le chiffre d’affaires total de l’entreprise a diminué de 23 % à 14,7 milliards de dollars, affecté par les parcs d’attractions (-61 %) et le studio de cinéma (-52 %), Disney ayant dû repousser la sortie de plusieurs films du fait de la pandémie. Il est néanmoins meilleur que les 14,20 milliards de dollars anticipés par les marchés.

Sa perte lors des trois derniers mois constitue son deuxième trimestre consécutif dans le rouge.

Disney avait en effet perdu 4,7 milliards de dollars au troisième trimestre de son exercice fiscal 2020, son premier déficit depuis 2001.

La société attribue ces contre-performances inhabituelles aux difficultés des parcs d’attractions. Sans surprise, Bob Chapek s’en est de nouveau pris jeudi aux autorités de la Californie, qui empêchent toujours la réouverture de Disneyland dans cet État malgré des opérations de pression et de charme du propriétaire de Mickey.

« Nos protocoles sanitaires et de sécurité sont fondés sur la science et ont obtenu le soutien des syndicats représentant 99 % de nos salariés », insiste M. Chapek, appelant les autorités à réexaminer « la situation de façon objective, notamment ce que nous avons accompli dans nos (autres) parcs (ayant rouvert) à travers le monde ».