(Helsinki) L’équipementier finlandais de télécoms Nokia, parmi les pionniers de la 5G, a annoncé jeudi une hausse de ses bénéfices, mais revoit à la baisse ses prévisions d’excédent pour 2020.

Agence France-Presse

Pour l’ensemble de l’année, Nokia anticipe désormais un bénéfice ajusté par action de 0,23 euro (avec une variation de plus ou moins 3 centimes), contre 0,25 euro (à plus ou moins 5 centimes) attendu jusqu’alors. Cette baisse est en partie due aux difficultés constatées sur le marché nord-américain, selon le groupe.

« Nous avons perdu des parts de marché chez un grand client nord-américain (Verizon, NDLR), nous constatons une certaine pression sur les marges sur ce marché et nous pensons que nous devons davantage augmenter les investissements en R & D pour assurer le leadership », concernant la 5G, a déclaré le PDG Pekka Lundmark, à la tête du groupe depuis août.

L’équipementier escompte par ailleurs une marge opérationnelle d’environ 9 % pour 2020 (contre 9,5 % annoncé précédemment) – avec une variation de plus ou moins 1 point et entre 7 et 10 % pour l’année prochaine.

Pour 2021, « les attentes étaient de 11 % avant les résultats […] l’année prochaine sera nettement plus faible que ce que les marchés attendaient », explique à l’AFP Mikael Rautanen du cabinet Inderes.   

Le titre du groupe perdait plus de 15 % vers 7 h à la Bourse d’Helsinki, à 2,92 euros.  

Sur la période juillet-septembre, le bénéfice net trimestriel du groupe s’est pourtant affiché à 193 millions d’euros, contre 82 millions au troisième trimestre 2019, grâce à une baisse des coûts, et le résultat opérationnel est ressorti à 350 millions, en hausse de 32,6 %. Son chiffre d’affaires a toutefois reculé de 7 %, à 5,29 milliards d’euros, là où les analystes attendaient plus de 5,4 milliards.

Engagé dans une chasse aux coûts, Nokia redresse graduellement sa rentabilité. La marge opérationnelle calculée sans tenir compte de la norme comptable IFRS s’est élevée à 9,2 % à l’issue du trimestre, contre une marge de 8,4 % enregistrée un an plus tôt.

« Nouvelles opportunités » pour la 5G

À ce jour, Nokia a signé 101 contrats avec des opérateurs pour des équipements 5G. Avec le Chinois Huawei et le Suédois Ericsson, ils se partagent actuellement près de 80 % du marché des réseaux de cinquième génération.

Si Huawei est considéré comme un leader mondial de la 5G, le groupe est toutefois dans le collimateur de l’administration du président Donald Trump, qui le soupçonne d’espionnage au profit de Pékin. En Europe, le Royaume-Uni et la Suède ont récemment banni le groupe chinois de leur futur réseau télécoms 5G, invoquant la sécurité nationale – une aubaine pour ses deux principaux rivaux sur le marché de la 5G.

« Certaines des tendances géopolitiques ouvrent de nouvelles opportunités », a jugé M. Lundmark lors d’une conférence de presse – ajoutant que les progrès dans le développement des produits 5G ont été « excellents ».

Fin septembre, Nokia avait d’ailleurs annoncé son premier contrat 5G au Royaume-Uni – avec l’opérateur BT – depuis l’exclusion de Huawei en juillet, pour un montant non communiqué.

Toutefois, Mikael Rautanen juge « ambitieux » pour le groupe de devenir leader sur le marché de la 5G. « Nokia a perdu des parts de marché […], presque un cinquième de sa présence lors du passage de la 4G à la 5G ».