Nouveau Monde Graphite produira du graphite purifié de qualité batterie dès l’an prochain dans le parc industriel de Bécancour.

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

La petite entreprise s’installera dans les installations de Olin Corporation à Bécancour pour purifier le graphite produit et soumis à une première transformation à Saint-Michel-des-Saints.

En devenant en quelque sorte le coloc de Olin, Nouveau Monde Graphite peut accélérer son projet et en réduire les coûts, explique son PDG, Éric Desaulniers. « Ça ne peut pas être plus idéal pour nous », dit-il.

Olin, un producteur de chlore et de soude caustique, sera aussi le fournisseur de son locataire, qui a besoin de ces produits chimiques pour purifier le graphite à 99,95 %, qui est la norme pour la fabrication de batteries.

Avec un investissement d’à peine 15 millions, NMG pourra tester son procédé et générer des revenus de la vente de graphite de qualité batterie à compter du milieu de 2021, selon son président. Si tout se passe comme prévu, l’entreprise construira une usine commerciale d’une capacité de 40 000 tonnes en face de l’usine de Olin à Bécancour. Un terrain de 200 000 mètres carrés a été réservé par NMG pour cet investissement estimé à 400 millions.

Nouveau Monde Graphite attend toujours le feu vert du gouvernement québécois pour commencer l’extraction à grande échelle du graphite de sa mine de Saint-Michel-des-Saints. Cette approbation devrait arriver d’ici la fin de l’année, espère Éric Desaulniers.

Actuellement, des petites quantités de graphite extrait à Saint-Michel-des-Saints sont transformées sur place en flocons dans une usine de démonstration. Ces flocons subiront une deuxième transformation dans les deux fournaises de Bécancour pour devenir des matériaux d’anode utilisés dans la fabrication de batteries lithium-ion et de piles à combustible. Une production de 1500 tonnes est prévue et sera vendue sur le marché.

NMG affirme être en discussions avec des clients intéressés par son produit aux États-Unis et en Europe. L’entreprise mise sur un procédé moins polluant, parce qu’il utilisera l’électricité renouvelable du Québec, et un coût de production comparable à celui des fabricants chinois qui dominent le secteur, pour se faire une place dans le marché.

Nouveau Monde Graphite mise aussi sur la stratégie du gouvernement du Québec, qui veut attirer des investissements dans l’électrification des transports et la fabrication de batteries en particulier. L’entreprise a investi plusieurs dizaines de millions de dollars dans son projet et a reçu une aide financière de 7,6 millions des gouvernements de Québec et d’Ottawa.

Le groupe Pallinghurst est devenu cet été le principal actionnaire de NMG et le copropriétaire de Nemaska Lithium, un autre producteur potentiel de matériau de batteries. Nouveau Monde Graphite est inscrite à la Bourse de croissance où ses actions s’échangent à 32 cents.