La Presse a eu accès au premier Costco pour l’entreprise du Québec, le deuxième au Canada, qui ouvrira ses portes le 29 septembre à Saint-Hubert

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

Paradoxalement, avec son nouveau concept destiné aux entreprises, Costco revient à ses origines. Après avoir délaissé les PME, le détaillant ambitionne de regagner leur fidélité en ouvrant des magasins sur mesure pour les restaurants, les dépanneurs et les bureaux de professionnels.

Toujours très discret sur ses intentions, le géant Costco ne cache pas, cette fois, sa stratégie pour reconquérir un marché délaissé au fil des ans. Celui des petites et moyennes entreprises en tous genres.

« Dans la prochaine année, ça va décoller. On va ouvrir des Costco pour l’entreprise à Ottawa, Edmonton, Toronto et Calgary », nous a confié Marc-André Bally, vice-président de Costco pour l’entreprise et des services auxiliaires, en parcourant les allées. Et en 2022, une inauguration est prévue à Anjou, dans le local de l’actuel Costco qui, lui, déménagera.

Les villes de Vancouver, Winnipeg et Québec sont aussi dans la ligne de mire. « C’est un gros déploiement et la raison pour laquelle on fait ça, c’est qu’il y a un grand nombre de membres potentiels qu’on ne va pas chercher présentement. On l’a découvert en ouvrant [un Costco pour l’entreprise près de] Toronto. »

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Marc-André Bally, vice-président de Costco pour l’entreprise et des services auxiliaires, et Sébastien Côté, directeur général du magasin de Saint-Hubert

Le concept, qui existe déjà aux États-Unis et à Scarborough (Ontario) depuis mars 2017, attire principalement des restaurateurs. Ceux-ci représentent 70 % de la clientèle. Dans les Costco traditionnels, « ce n’est même pas 10 % », évalue Sébastien Côté, directeur général du magasin de Saint-Hubert.

Des vendeurs font présentement le tour des restaurants de la région de Montréal pour leur présenter l’offre du nouveau Costco, qui leur propose des caisses de steaks, des chaudrons, une variété d’emballages pour les commandes à emporter (ou livrées), des barils d’huile d’olive, des fruits et légumes frais.

Étant donné la situation des restaurants, les ventes seront-elles au rendez-vous ? « On est conscients du timing. Mais ils vont économiser significativement en venant ici. Ça va aider ceux qui souffrent », répond M. Bally.

En images

  • Visite du premier Costco pour l’entreprise du Québec, à Saint-Hubert

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    Visite du premier Costco pour l’entreprise du Québec, à Saint-Hubert

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En tout, on y trouve 3200 produits, dont 80 % sont des aliments ou des articles de cuisine. Cela se compare à 3800 dans un entrepôt standard, ce qui inclut les vêtements, les bijoux, les articles de maison, trois catégories absentes à Saint-Hubert. Environ 30 % des produits sont vendus dans les deux types de Costco (paquets de noix, fromages, produits nettoyants).

« Si on est pour être pareils aux autres Costco, ça ne sert à rien », fait valoir M. Bally en nous montrant la « rangée COVID », remplie de masques et de gants.

Expérience de magasinage

La recette qui fait le succès de Costco ne change pas, cependant.

Les clients seront encore accueillis par une série d’articles disparates alignés contre le mur en diagonale. Lors de notre visite, on y trouvait d’impressionnantes barres de chocolat Toblerone de 4,5 kg, des thermomètres infrarouges, des caisses enregistreuses, des barils de 211 litres de sirop d’érable à 2499 $ et des seaux de sauce à poutine.

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Les clients seront encore accueillis par une série d’articles disparates alignés contre le mur en diagonale. Lors de notre visite, on y trouvait notamment d’impressionnantes barres de chocolat Toblerone de 4,5 kg.

Si beaucoup d’aliments sont vendus en formats trop gros pour la famille moyenne, d’autres plairont. D’ailleurs, insiste M. Bally, tous les membres de Costco peuvent entrer avec leur carte. Mais attention, les heures d’ouverture sont différentes.

Évidemment, l’expérience est particulière parce que souvent, les aliments sont vendus dans des boîtes brunes sans photo (destinées au secteur institutionnel). Tout un contraste avec les emballages conçus pour faire mousser les ventes auxquels on est habitués. « Ça coûte 2 $, une belle boîte ! On ne va pas demander à nos fournisseurs de changer leur emballage. Quand je dis qu’on garde nos coûts bas… », explique M. Bally.

Dans certains cas, un autocollant avec une photo a été ajouté pour faciliter le repérage (dans le surgelé, notamment).

Bientôt la livraison d’aliments frais

Le dirigeant, qui a commencé sa carrière chez Costco « en poussant des paniers », nous a aussi révélé qu’une entente avec Instacart était presque finalisée. Cela permettra aux clients du Québec « dans les prochains mois » de se faire livrer « un poulet rôti, des œufs et du lait le même jour ». Dans tout le Canada, il n’y a qu’au Québec que la livraison d’aliments frais n’est pas encore offerte.

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Tout ce qui est offert dans un Costco pour l’entreprise pourra être livré à la clientèle d’affaires.

Tout ce qui est offert dans un Costco pour l’entreprise pourra par ailleurs être livré à la clientèle d’affaires. Le détaillant s’est doté d’un parc de huit camions « pour commencer, car à Toronto, on est déjà rendus à 28 », dit M. Bally.

Ainsi, le magasin de Saint-Hubert ne ferme pour ainsi dire jamais. Quand les portes sont verrouillées pour les clients, une équipe se met à assembler les commandes passées en ligne. À minuit, on commence à remplir les tablettes. Et dès 6 h, on rouvre pour les restaurateurs tandis que les camions de livraison s’apprêtent à entamer leur tournée.