(Paris) Alstom, qui a reçu le feu vert de Bruxelles pour le rachat de Bombardier Transport, déplore lundi les difficultés « non prévues » auxquelles fait face la branche ferroviaire du groupe canadien et annonce vouloir « en tenir compte » dans les négociations à venir sur le prix d’acquisition.

Agence France-Presse

« L’annonce des résultats trimestriels souligne des évolutions négatives et non prévues quant à [la branche] Bombardier Transport, laquelle fait face actuellement à des difficultés, notamment par rapport aux informations disponibles en amont de l’annonce, le 17 février 2020, de l’acquisition envisagée de Bombardier Transport par Alstom », regrette le groupe français dans un communiqué.

« Alstom tiendra compte des conséquences de ces évolutions financières et opérationnelles lors des discussions à venir avec Bombardier inc. », prévient-il encore, sans plus de précision.

La Commission européenne a autorisé sous conditions fin juillet ce rachat, qui doit donner naissance au numéro deux mondial du rail, un an et demi après le mariage avorté entre Alstom et Siemens. Le 17 février, le constructeur ferroviaire français avait indiqué que « le prix d’acquisition de 100 % des actions de Bombardier Transport serait compris entre 5,8 et 6,2 milliards d’euros ».

Dès l’annonce du rachat, Alstom prévoyait un « mécanisme spécifique qui ajusterait le prix payé à la baisse dans le cas où Bombardier Transport aurait une position de trésorerie nette négative au 31 décembre 2020 », selon un communiqué de février.

La fusion elle-même ne semble toutefois pas remise en cause, Alstom indiquant qu’il « maintient sa forte conviction dans le rationnel stratégique de l’acquisition de Bombardier Transport ».

Le groupe est « confiant dans sa capacité à rétablir à moyen terme la rentabilité et les performances commerciales des activités de Bombardier Transport », poursuit-il.

Basé à Berlin, Bombardier Transport a réalisé en 2019 un chiffre d’affaires de 8,3 milliards de dollars américains, terminant l’année avec un carnet de commandes de 35,8 milliards de dollars.

Cette branche de Bombardier est détenue à 32,5 % par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

Au deuxième trimestre, son chiffre d’affaires a reculé de 33 %. La branche ferroviaire a dû inscrire une charge additionnelle de 435 millions de dollars « liée en grande partie à des coûts additionnels d’ingénierie, de certification et de modifications associés à un certain nombre de projets en voie d’achèvement principalement au Royaume-Uni et en Allemagne », a précisé Bombardier début août.

De son côté, Alstom a bouclé son exercice 2019-20 (clos fin mars) avec un chiffre d’affaires en légère progression, à 8,2 milliards d’euros. Son carnet de commandes culmine à 40,9 milliards d’euros.

À l’issue de la séance de lundi, le cours de l’action Alstom avait perdu 1,14 % à 46,79 euros, à la Bourse de Paris, dans un marché en hausse.