L’entreprise rétablit même son dividende

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Le distributeur et grossiste Quincaillerie Richelieu a dévoilé jeudi des résultats de deuxième trimestre en redressement plus rapide qu’attendu par les analystes et les investisseurs. Ces chiffres ont fait rebondir sa valeur boursière au sommet atteint en février dernier, juste avant le krach et la brutale récession liés à la COVID-19.

En plus, ce redressement accéléré des affaires chez Richelieu, surtout parmi sa clientèle de détaillants en déco-rénovation dans le nord-est du continent, lui a permis de rétablir le dividende trimestriel sur ses actions. Il avait été interrompu durant le premier trimestre, par mesure de prudence financière, alors que frappait le confinement socio-économique.

L’entreprise montréalaise, de 1 milliard de chiffre d’affaires et de 1,6 milliard en valeur boursière, a aussi récupéré ses moyens durant ce trimestre et a conclu une acquisition aux États-Unis, cette fois de Central Wholesale Supply, établie à Richmond, en Virginie.

« Quincaillerie Richelieu a réalisé une performance appréciable au deuxième trimestre, et ceci, dans un contexte commercial des plus difficiles », a dit son président et chef de la direction, Richard Lord, en marge de l’annonce des résultats trimestriels.

« Notre 2e trimestre avait débuté en force au mois de mars, puis nos activités ont subi une baisse marquée en avril due à la pandémie. Mais une nette amélioration s’est fait sentir dès le mois de mai, pour se poursuivre en juin, notamment dans notre clientèle de détaillants et de grandes surfaces de rénovation », a expliqué M. Lord.

Par ailleurs, a-t-il ajouté, « la croissance de 6,6 % des revenus provenant des récentes acquisitions aura permis de compenser partiellement la décroissance de 18 % des revenus (entre les deuxièmes trimestres de 2020 et 2019) causée principalement par le recul des ventes dans notre marché plus cyclique des fabricants d’armoires et de meubles. »

Des analystes surpris

N’empêche, de l’avis de l’analyste Zachary Evershed, chez la Financière Banque Nationale à Toronto, « les résultats atteints par Quincaillerie Richelieu au deuxième trimestre dépassent les attentes de façon convaincante ».

Plus précisément, Quincaillerie Richelieu a comptabilisé des revenus de 248,3 millions pour son deuxième trimestre, alors que les analystes s’attendaient à 245 millions.

Et bien que ses revenus soient encore inférieurs à ceux du deuxième trimestre 2019, cette baisse attribuable à la brutale récession s’avère moins sévère – à - 11 % sur un an avec l’apport d’acquisitions — que le recul de l’ordre de 15 % à 20 % qui avait été estimé par les analystes.

Aussi, le bénéfice d’exploitation (BAIAA) de Quincaillerie Richelieu s’est avéré à 33,8 millions, ou à 13,6 % en marge bénéficiaire ; deux résultats de rentabilité de base qui excèdent les prévisions moyennes de 28,2 millions et 11,5 % de marge bénéficiaire qui avaient été estimées par les analystes.

Bonne réaction en Bourse

En Bourse, les investisseurs ont fort bien accueilli ces résultats meilleurs que prévu. Ils ont poussé l’action en hausse de plus de 3 % à quelques cents seulement du seuil des 30 $, à contre-courant d’une séance baissière pour les principaux indices de marché.

L’action de Richelieu a terminé la séance à 29,81 $, ce qui la ramène tout près de son prix-sommet de 29,92 $ en 52 semaines, qui avait été atteint il y a cinq mois, début février.

Toutefois, lorsqu’il est considéré sur 6 ou 12 mois, ce redressement enviable demeure sous le prix record de 35 $ l’action atteint il y a presque trois ans, en novembre 2017.