Québec veut investir dans les entreprises québécoises et prendre des intérêts dans certaines d’entre elles, comme le détaillant de chaussures Aldo, afin d’assurer la relance de l’économie.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

C’est le plan exposé par le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon dans une entrevue accordée à l’agence financière Bloomberg et qui fait l’objet d’un article paru mercredi. Bloomberg est une référence pour les milieux d’affaires à l’échelle internationale.

« Partout dans le monde, les gouvernements seront de façon générale plus interventionnistes dans l’économie, en raison du besoin de nouveaux capitaux », a-t-il dit. « Dans certains cas, nous devrons acquérir des parts d’entreprises. »

Québec pourrait par exemple prendre une participation dans le groupe Aldo, qui s’est placé à l’abri de ses créanciers, ce printemps, en raison de l’impact de la pandémie.

M. Fitzgibbon a indiqué que l’État québécois avait récemment acquis des parts dans certaines entreprises, mais a refusé de les nommer, soulignant qu’il y restait minoritaire. « Avec un peu de chance, nous pourrons être remplacés par d’autres investisseurs », a-t-il ajouté.

Bloomberg met largement de l’avant le fait que le Québec a été très durement touché par la pandémie, davantage que « 43 États américains », en nombre de morts.

Aide à Aldo

Selon M. Fitzgibbon, le scénario d’un retour au confinement général est peu probable. « Peut-être que je suis naïf ou trop optimiste, mais on peut croire qu’en cas de deuxième vague, nous pourrions permettre aux gens de continuer à travailler », a-t-il dit.

Lundi, la même agence de presse avait publié d’autres extraits de l’entrevue, dans lesquels le ministre Fitzgibbon confirmait que le gouvernement donnerait un coup de pouce à Aldo, éventuellement en achetant des parts de la compagnie.

« Nous sommes, à travers Investissement Québec, en lien avec eux afin de déterminer la structure à adopter pour le futur », a-t-il dit. « Nous les aiderons. […] Ça pourrait être par une prise de participation. »

L’entreprise « négocie avec ses locateurs partout sur la planète et va fermer des magasins », a-t-il assuré. « C’est bien pour eux de passer à travers une étape de nettoyage. »

Pierre Fitzgibbon tient à la survie de l’entreprise, qui traîne une dette qui dépasse le demi-milliard de dollars. « Ils ont leurs installations de conception et de distribution au Québec. Ils sont en transition vers le monde virtuel », a dit le ministre. Pour lui, il s’agit d’un actif important pour l’économie de la province « d’un point de vue de l’innovation, d’un point de vue de rayonnement international de la marque ».