(Toronto) Bell Canada vendra la plupart de ses centres de données pour 1,04 milliard à la californienne Equinix, qui fournit des emplacements pour héberger des équipements pour l’infonuagique et les services internet.

David Paddon
La Presse canadienne

La montréalaise Bell, principale filiale de BCE, formera également un partenariat qui fournira à environ 600 clients de Bell Marchés Affaires un accès complet à la plateforme Equinix.

« Nos centres de données hébergent l’infrastructure numérique clé qui alimente l’économie numérique », a affirmé le président d’Equinix pour les Amériques, Jon Lin.

« Nous sommes très engagés envers le marché canadien et nous avons recherché des occasions d’expansion au fil des ans. »

M. Lin a précisé qu’Equinix était en activité au Canada depuis environ une décennie, principalement dans la région de Toronto. Il considère cependant l’acquisition comme un moyen de se développer géographiquement et de gagner plus de 500 nouveaux clients actuellement avec Bell.

« Nous voyons une excellente occasion d’étendre la capacité de Bell à servir les multinationales canadiennes partout dans le monde », a affirmé M. Lin.

Equinix compte actuellement plus de 210 centres de données dans 55 villes du monde, dont deux à Toronto. L’accord de Bell ajoutera 25 centres de données à 13 emplacements dans huit villes. Outre Toronto, d’autres se trouvent à Vancouver, Kamloops, Colombie-Britannique, Calgary, Winnipeg, Ottawa, Montréal et Millidgeville, près de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

« Nous ne touchons ni ne traitons réellement les données des clients », a ajouté M. Lin. « Ils mettent leurs serveurs, leur infrastructure de stockage à l’intérieur de notre bâtiment et nous nous assurons que le bâtiment est sécurisé pour eux. »

Bell continuera de posséder et d’exploiter cinq de ses centres de données dans ses propres installations à Calgary, Halifax, Saint John au Nouveau-Brunswick, St. John’s à Terre-Neuve-et-Labrador et Toronto.

Des analystes ont estimé que Bell pourrait utiliser le produit de la vente pour la prochaine série d’enchères de spectre, qui fournira aux réseaux sans fil canadiens plus de fréquences dont ils auront besoin pour déployer des services de cinquième génération au cours des prochaines années.

« À notre avis, ce sera positif pour le titre, étant donné que la valorisation est solide (en avance sur nos attentes) et qu’elle offre à BCE une plus grande flexibilité au bilan avant les enchères du spectre », a écrit l’analyste Aravinda Galappatthige, de Canaccord Genuity, dans une note à ses clients.

Drew McReynolds, de RBC Dominion valeurs mobilières, a également noté que les services d’hébergement de données et de colocalisation étaient devenus moins prioritaires pour les entreprises de télécommunications.

« Nous pensons que la transaction permet à BCE de redéployer du capital pour des occasions plus stratégiques (telles que l’investissement dans le réseau, y compris le spectre) », a écrit M. McReynolds.

Bell Canada a indiqué que la vente devrait répondre aux besoins de ses entreprises clientes tout en redéployant stratégiquement le capital à utiliser dans d’autres secteurs de ses activités, notamment les services sans fil Bell Mobilité et Virgin Mobile, le service Fibe internet et télévision et Bell Média.

« Cette transaction renforce la stratégie de Bell visant à mettre l’accent sur l’investissement dans l’infrastructure du réseau, le contenu et les services nécessaires afin de transformer la façon dont les Canadiens communiquent entre eux et avec le reste du monde », a affirmé le président et chef de la direction de Bell Canada et de sa société mère BCE, Mirko Bibic, dans un communiqué.

La transaction en espèces devrait être conclue dans la deuxième moitié de 2020, sous réserve de l’approbation des autorités de réglementation et de la réalisation des conditions habituelles.