(New York) Twitter a fait part jeudi de résultats trimestriels meilleurs que prévu au premier trimestre 2020, mais a vu ses revenus publicitaires stagner et a enregistré une perte nette avec la crise liée au coronavirus.

Agence France-Presse

Avec un chiffre d’affaires de 808 millions de dollars entre janvier et mars, en hausse de 2,7 % sur un an, l’entreprise a dépassé les attentes des analystes, qui tablaient sur 783,5 millions de dollars.

La croissance des revenus a toutefois été limitée par les recettes publicitaires qui ont à peine progressé en rythme annuel, en s’établissant à 682 millions de dollars (+0,4 %).

Twitter a souligné que le trimestre devait être décomposé en deux périodes distinctes : de janvier à début mars où les performances ont été plus ou moins conformes aux anticipations, et de début mars à la fin du trimestre, où la propagation mondiale de la pandémie a lourdement pesé sur l’activité publicitaire.

Comme ses concurrents, Twitter tire la majorité de ses revenus de la publicité, un secteur durement touché par les répercussions économiques du coronavirus.

Jack Dorsey, le patron et fondateur de Twitter, a assuré que l’objectif de la plateforme était d’être une ressource utile à l’heure du « Grand confinement. »

« Je n’ai jamais été autant convaincu de la valeur que Twitter apporte aux gens à travers le monde », a-t-il affirmé lors d’une conférence téléphonique avec des analystes.

« Nous aidons le monde à rester informé et offrons aux gens un moyen unique de se rassembler ou simplement de se divertir », a également indiqué M. Dorsey dans une lettre aux actionnaires.

Le réseau social a affiché une perte nette d’un peu plus de 8 millions de dollars sur le trimestre, alors qu’il avait dégagé un profit de 190 millions de dollars au premier trimestre 2019.

Hors éléments exceptionnels et rapporté par action, le bénéfice est de 11 cents, proche des attentes des analystes (10 cents).

À Wall Street, l’action de Twitter baissait d’environ 3 % en début de séance, les investisseurs semblant s’interroger sur un rebond de l’entreprise d’ici à la fin de l’année.

Le directeur financier du groupe Ned Segal a notamment indiqué aux analystes jeudi qu’il était trop tôt pour savoir quand les perspectives s’amélioreraient sur le front publicitaire.

Twitter avait retiré le mois dernier ses prévisions financières pour 2020 en raison de l’impact économique de la COVID-19.  

Jack Dorsey avait pour sa part annoncé début mars reconsidérer son projet de passer une partie de l’année en Afrique, quelques jours après des articles de presse indiquant que le fonds d’investissement Elliott Management cherchait à l’évincer.

Plus d’usagers

Le nombre d’usagers quotidiens « monétisables » a grimpé à 166 millions au premier trimestre, en hausse de 24 % par rapport à la même période l’an dernier. Il s’agit d’un bond de 14 millions de personnes par rapport au dernier trimestre 2019.

Twitter considère comme « monétisables » ses utilisateurs pouvant être exposés à de la publicité sur sa plateforme ou ses applications.  

Pour Jasmine Enberg du cabinet eMarketer, les résultats de Twitter sont « une surprise positive ».

« Des mois de janvier et février solides ont été suffisants pour compenser en partie les forts déclins des revenus en mars », a jugé l’experte.

« Mais le modèle publicitaire de Twitter repose lourdement sur les grands évènements et la suspension des principales ligues sportives en mars a affecté les résultats et continuera de le faire tant que les mesures de distanciation et de confinement resteront en place », a-t-elle précisé.