(Ottawa) La pandémie de COVID-19 a ravagé les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie au Canada, s’est fait dire jeudi le comité permanent des finances de la Chambre des communes.

Joan Bryden
La Presse canadienne

Selon un sondage commandé par Restaurants Canada, 10 % des restaurants canadiens avaient fermé définitivement leurs portes à la fin du mois de mars, a indiqué Andrew Oliver, le PDG d’un groupe de restaurants, aux élus.

Les fermetures permanentes pourraient toucher 18 % des établissements d’ici la fin de ce mois.

Selon M. Oliver, la moitié des restaurants indépendants pourraient ne pas résister à la pandémie.

Une grande partie des restaurants, sauf ceux qui livrent ou offrent des plats à emporter, ont fermé leurs portes depuis la mi-mars afin de tenter de freiner la contagion.

Daniel Lefebvre, vice-président de Restaurants Canada, a dit que le secteur emploie normalement 1,2 million de Canadiens. Les retombées économiques du secteur, qui sert chaque jour 22 millions de personnes, s’élèvent annuellement à 93 milliards.

La pandémie « a causé des ravages » sur le secteur qui a perdu 800 000 emplois, a-t-il ajouté.

« Plus de la moitié du secteur n’a généré aucun revenu. Des rêves sont brisés, des espoirs de retraite sont déçus, des carrières sont brisées, des vies sont désorganisées. »

L’hôtellerie

Comme les Canadiens ont été priés de rester chez eux, le secteur de l’hôtellerie a également été touché durement par la pandémie.

Marc Staniloff, propriétaire de Superior Lodging, a souligné au comité que 20 % des établissements de son groupe sont présentement fermés. Le taux d’occupation de ceux qui sont encore ouverts ne dépasse pas 9 %.

Plusieurs observateurs estiment que l’aide fédérale aux entreprises, notamment pour les coûts de la main-d’œuvre, devra se poursuivre au-delà de juin, puisque la reprise économique pourrait être lente dans ce secteur.

Rose Dennis, de l’Association du secteur touristique de l’Île-du-Prince-Édouard, les établissements touristiques craignent ne pas pouvoir ouvrir au cours de l’été si la subvention salariale d’urgence fédérale n’est pas étendue jusqu’à l’automne.

Des témoins ont aussi demandé aux élus une aide supplémentaire pour le paiement des loyers pour les commerces, un accès plus facile à des prêts sans taux d’intérêt et le report du remboursement des prêts.

Le président de la Fédération canadienne des entreprises indépendantes, Dan Kelly, estime qu’il est urgent pour ces établissements de recevoir d’une telle aide, notamment avec la date du 1er mai qui s’approche.

« Si on y parvient, nous avons une bonne chance de voir la majorité, pas la totalité, mais la majorité de ces petites entreprises de traverser cette pandémie », a-t-il fait valoir.