Dollarama a de la chance, si on peut dire, car 75 % de ses 1291 magasins ont pignon sur rue. Les autres, à l’intérieur de centres commerciaux, sont soit fermés soit si peu achalandés que leurs ventes ont dégringolé de 50 % dans la dernière semaine.

Marie-Eve Fournier
Marie-Eve Fournier La Presse

En ces temps de pandémie, le détaillant montréalais qui est considéré par le gouvernent comme un service essentiel, ne s’en sort donc pas trop mal. Même s’il est clair que son chiffre d’affaires du trimestre en cours (le premier) pâtira. Idem pour ses profits, notamment en raison de ses coûts d’exploitation plus élevés qu’en temps normal.

Au cours d’une téléconférence au sujet des résultats du 4e trimestre, mercredi matin, le président et chef de la direction Neil Rossy a énuméré les coûts supplémentaires qui doivent être absorbés : hausses de salaire, personnel plus nombreux, plus grand nombre d’heures de travail pour nettoyer les magasins et les chariots, etc.

PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE

Le président et chef de la direction de Dollarama, Neil Rossy, photographié en 2016.

Dans le réseau, seulement 54 magasins sont fermés (tous au Québec, sauf exception). Environ 300 se trouvent dans centres commerciaux encore ouverts au public dans d’autres provinces, mais les clients y sont peu nombreux.

Au début de la crise, Dollarama a enregistré « un bond des transactions alors que les clients ont fait le plein de produits de première nécessité », mais par la suite, l’achalandage a diminué, les Canadiens étant invités à demeurer à la maison autant que possible.

PAS DE « PURELL » EN LIGNE

Cette situation hors du commun fait en sorte que le détaillant montréalais a décidé de ne pas fournir ses habituelles prévisions financières pour le prochain exercice (commencé début février). Cette décision sera révisée lors de la divulgation des résultats du premier trimestre, a-t-on promis.

« Ce que les dernières semaines nous ont appris, c’est que bien des choses peuvent changer en quelques jours ou semaines », a déclaré le chef de la direction financière, Michael Ross.

En ce qui concerne les ventes en ligne – sur lesquelles plusieurs détaillants misent pour minimiser l’impact de la crise – Dollarama enregistre une certaine hausse de ventes (donnée précise non dévoilée). La catégorie de l’artisanat et du bricolage, entre autres, est populaire, a précisé M.  Rossy.

Mais tous les biens dont la demande est exacerbée par la crise, comme le désinfectant pour les mains, sont livrés dans les magasins et ne peuvent être achetés en ligne.

« Quand je peux acheter 250 000 bouteilles de désinfectant pour les mains en extra, ce que j’ai fait la semaine dernière, je ne veux pas les vendre en ligne, même si je pourrais tout vendre en un jour », a raconté M.  Rossy. Il se doit de vendre en magasin les biens essentiels pour être considéré comme un service essentiel par les autorités, a-t-il ajouté.

QUATRIÈME TRIMESTRE CONFORME AUX ATTENTES

Au 4e trimestre de l’exercice 2020 clos le 2 février, les ventes de Dollarama ont augmenté de 0,5 % pour s’établir à 1,07 milliard de dollars. Les ventes comparables – une donnée clé dans l’industrie – ont grimpé de 2 %, alors que les analystes tablaient en moyenne sur une augmentation de 1,7 %.

Le bénéfice net a cru de 1,4 % pour atteinte 226,1 millions ou 0,57 $ l’action ordinaire.

Pour l’ensemble de l’exercice, l’entreprise affiche des ventes comparables en hausse de 4,3 %. Les ventes ont augmenté de 6,7 % pour s’établir à 3,79 milliards, tandis que le bénéfice net se chiffre à 868,1 millions (+2,7 %). Par action ordinaire, le résultat net dilué a crû de 7,2 % pour atteindre 1,78 $.

« La force du modèle d’affaires unique de Dollarama ne se dément pas », a déclaré le président et chef de la direction, Neil Rossy, dans un communiqué.