Desjardins menace de s’emparer de la maison familiale de Sébastien Boulanger Dorval, l’auteur présumé du vol de données qui plonge l’institution financière dans l’embarras depuis plusieurs mois.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse


L’homme de 38 ans a accumulé un retard important dans le paiement de l’hypothèque qu’il avait contracté auprès de son ex-employeur pour acheter la résidence. Il semble traverser de graves problèmes financiers.

Selon un document rendu public lundi, Desjardins l’a informé le mois dernier qu’elle comptait « vendre sous contrôle de justice » sa maison de Saint-Charles-de-Bellechasse, sur la Rive-Sud de Québec. Desjardins lui demande de payer l’entièreté des 217 000 $ qu’il lui doit encore ou de « délaisser » la maison. Dans ce dernier cas, elle serait ensuite vendue par un huissier pour que le prêteur hypothécaire puisse se payer.

Le document judiciaire a été livré à Boulanger Dorval à Rimouski, d’où il est originaire. L’avis ne fait pas référence aux soupçons qui pèsent sur l’homme : il semble suivre le même modèle que tous les avis envoyés par Desjardins aux mauvais payeurs.

Boulanger-Dorval n’habite plus à Saint-Charles-de-Bellechasse depuis au moins l’été dernier. Achetée au printemps 2018, la maison avait été mise en vente début juin 2019, mais n’a pas trouvé preneur.

Poursuivi par les créanciers

Les menaces de Desjardins ne sont pas le seul indice qui tend à montrer Sébastien Boulanger Dorval est au bout de ses ressources financières.

Le mois dernier, l’homme recevait une lettre semblable de La Capitale, entreprise à laquelle il avait emprunté le montant nécessaire pour acquérir un condominium situé à Beaumont, non loin de Saint-Charles-de-Bellechasse, qu’il avait ensuite placé en location.

Sébastien Boulanger Dorval est soupçonné d’avoir vendu les renseignements de millions de membres de l’institution financière. Diplômé en administration des affaires de l’Université Laval, avec une spécialisation en technologies, il était conseiller en segmentation au siège social des Desjardins au moment des faits.

Il n’a pas été possible de joindre Sébastien Boulanger Dorval. Desjardins n’a pas commenté le dossier.