(Londres) L’ex-patron de Thomas Cook Peter Fankhauser a expliqué mardi ne pas avoir encore pris de décisions sur le remboursement des bonus perçus malgré son échec à sauver le voyagiste de la faillite et en dépit des pressions.

Agence France-Presse

M. Fankhauser s’est exprimé plus de deux heures devant la Commission des affaires économiques du Parlement britannique, qui n’a pas ménagé l’ancien dirigeant et cherche à faire la lumière sur les raisons de la chute soudaine du groupe le 23 septembre.

Les députés se sont fait particulièrement mordants quand ils ont demandé à l’ex-patron du voyagiste s’il comptait rembourser son bonus de 2017 de plus de 500 000 livres (il n’en avait pas touché en 2018).

« Je comprends parfaitement le sentiment du public et le sentiment de certains de nos collègues. Toutefois, ce que je peux dire c’est que j’ai travaillé inlassablement pour le succès du groupe et je suis profondément désolé de ne pas avoir été capable de conclure un accord », a-t-il dit d’un ton contrit.

Refusant de porter l’entière responsabilité de cette retentissante faillite, il a expliqué qu’« il y avait de multiples parties qui ont travaillé sur l’accord qui n’a finalement pas abouti ».

Pressé par les parlementaires d’être plus clair sur sa volonté ou non de rembourser les bonus perçus, il a refusé de trancher. « Je vais regarder ce qui est bon de faire mais je ne vais pas décider aujourd’hui », a-t-il répondu lors de cette audition à laquelle assistaient une douzaine d’ex-employés du voyagiste, dont des personnels de cabine en uniforme.

M. Fankhauser a reconnu par ailleurs ne pas avoir été assez rapide pour transformer l’entreprise face à l’essor des achats en ligne, notamment en raison d’une dette énorme de plus d’un milliard de livres qui privait le groupe de toute marge de manœuvre.

La faillite du groupe, qui a souffert ces dernières années des incertitudes du Brexit et des changements de modes de consommation, a laissé sur le carreau ses 9000 employés britanniques et nécessité une opération de rapatriement hors normes de 140 000 touristes britanniques.

Le liquidateur public en charge de la faillite tente désormais de vendre le groupe par morceaux et a réussi à céder le réseau d’agences de voyage à la chaîne Hays Travel, ce qui pourrait permettre de sauver jusqu’à 2500 emplois.