Alors que les travaux de 200 millions au Centre Eaton entrent dans leur dernière ligne droite, les médias ont eu droit hier à une visite de l’espace qu’occupera Time Out Market, l’un des deux principaux locataires des lieux. Ce fut l’occasion d’en apprendre davantage sur ce concept qui fait un malheur à Lisbonne et dont l’ouverture chez nous est prévue pour l’automne.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

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Le vaste espace occupé par Time Out Market (40 000 pi2) comprendra 16 restaurants, une académie culinaire, une boutique et trois bars.

Sans déchets

Doté de quatre entrées, le vaste espace occupé par Time Out Market (40 000 pi2) comprendra 16 restaurants, une académie culinaire, une boutique et trois bars. En tout, 550 personnes pourront s’y asseoir en même temps sur de longues tables de bois « faites au Québec ». Mais les employés n’auront pratiquement pas de sacs à ordures à gérer. Tous les restos serviront leurs plats dans des assiettes et des bols en porcelaine. Les couverts et les verres seront eux aussi réutilisables. Le chef de la direction du concept, Didier Souillat, a précisé que les aliments seraient compostés, qu’il essayait « d’avoir zéro plastique » et que l’aluminium serait recyclé.

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Le Time Out Market devrait réussir à faire oublier aux clients qu’ils se trouvent dans un centre commercial.

Un décor uniforme

Avec son plancher de bois franc, ses colonnes en béton, ses murs en céramique grise luisante et ses cuisines ouvertes entièrement en acier inoxydable, le Time Out Market devrait réussir à faire oublier aux clients qu’ils se trouvent dans un centre commercial. De toute évidence, on n’a pas lésiné sur le décor. Contrairement à ce que l’on voit dans une aire de restauration traditionnelle, tout est uniforme. « Si tout le monde amène son logo et ses couleurs, ça devient un food court et ce n’est pas ce qu’on fait », note Didier Souillat. Le nom de chaque restaurant sera écrit en noir avec la même police de caractère. Les menus seront aussi uniformisés et les mets devront coûter entre 8 et 20 $.

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Décathlon et Time Out Market ont un point en commun : ils n’accepteront pas l’argent comptant.

Pas d’argent comptant

Les deux nouveaux et principaux locataires du Centre Eaton, Décathlon et Time Out Market, ont un point en commun : ils n’accepteront pas l’argent comptant. Le gérant de Décathlon à Montréal, Yann Le Garnec, a expliqué que les files d’attente aux caisses étaient une source d’insatisfaction chez la clientèle. « Le paiement mobile peut régler ce genre de problématique », a-t-il dit. Hormis quelques caisses en libre-service, les clients devront donc entrer en contact avec un employé muni d’un appareil portable pour régler leurs achats. Du côté de Time Out Market, il y aura une exception : l’argent comptant sera accepté dans le bar.

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Le propriétaire du Centre Eaton souhaite que sa propriété soit plus « connectée » avec son milieu.

Ouverture sur McGill College

Le propriétaire du Centre Eaton souhaite que sa propriété soit plus « connectée » avec son milieu. Le déménagement imminent du magasin Old Navy, dont les locaux actuels se trouvent du côté ouest du bâtiment, l’aidera à atteindre cet objectif. « C’est ce qui nous permet d’ouvrir l’espace sur [l’avenue] McGill College », précise Claude Sirois, président, Centres commerciaux, chez Ivanhoé Cambridge. Le local de 12 000 pi2 ainsi créé sur deux niveaux (rez-de-chaussée et premier) pourra éventuellement accueillir « un ou deux » restaurants qui pourraient avoir une terrasse sur le trottoir. « Des discussions sont en cours » avec des locataires potentiels.

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Il n’est pas encore possible de connaître l’identité des autres nouveaux locataires.

Qui d’autre ?

À quelques mois de la fin des travaux au Centre Eaton, il n’est pas encore possible de connaître l’identité des autres nouveaux locataires. Dans le milieu de la vente au détail, il a été question que la chaîne espagnole Massimo Dutti s’installe près de la porte principale, rue Sainte-Catherine. Or, l’entreprise est en train de « réévaluer son portefeuille », indique Claude Sirois. Alors que le retour de Sephora au rez-de-chaussée (plus à l’est) est confirmé (ouverture en septembre), reste à voir qui occupera le local au coin de la rue Sainte-Catherine et du boulevard Robert-Bourassa. Le nom d’Uniqlo circule, mais Ivanhoé Cambridge n’a rien voulu dévoiler, sauf dire qu’il discutait avec Forever 21 « pour un local permanent ». La majeure partie des travaux au Centre Eaton devrait être terminée pour Noël. 

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Fermé depuis 1999, le fameux restaurant au neuvième étage de l’ancien magasin Eaton attend encore d’être ressuscité.

Restaurant Eaton

Fermé depuis 1999, le fameux restaurant au neuvième étage de l’ancien magasin Eaton attend encore d’être ressuscité. « On cherche un opérateur pour redonner vie à l’espace », confie Claude Sirois, jugeant que ce serait « extraordinaire » de le rouvrir. Mais « il faut d’abord trouver un modèle d’affaires qui fonctionne ». Avant de servir des clients, le restaurant devra d’abord être « mis à niveau », et tout changement devra respecter les règles du ministère de la Culture et des Communications. D’ailleurs, les tables, les chaises et les couverts s’y trouvent encore. « Tout est numéroté, car tout est protégé [par le Ministère] », précise M. Sirois.