Québecor a affiché un bénéfice net en forte hausse au deuxième trimestre alors que son fournisseur de téléphonie cellulaire et internet à bas prix Fizz a fait le plein de nouveaux abonnés.

Ross Marowits
La Presse canadienne

Le conglomérat établi à Montréal a dévoilé jeudi un profit net de 140,2 millions, ou 55 cents par action. Au deuxième trimestre l’an dernier, le bénéfice net de la société avait été de 42 millions, ou 18 cents par action. Ce résultat tenait compte d’une modification au chapitre des exigences comptables.

De son côté, le chiffre d’affaires s’est établi à 1,06 milliard, en hausse de 1,8 % sur un an.

Vidéotron, la locomotive de Québecor, a vu ses revenus grimper de 11,9 % du côté de la téléphonie mobile et de 2,6 % en ce qui a trait aux services internet. La filiale du conglomérat a ajouté 38 300 clients de téléphonie mobile au deuxième trimestre de 2019 alors que la hausse avait été de 31 900 il y a un an.

« Nous avons affiché notre meilleur trimestre en ce qui a trait aux ajouts nets à notre base d’abonnés depuis le lancement de notre service de téléphonie mobile en 2010 », a souligné le président de Vidéotron, Jean-François Pruneau, au cours d’une conférence téléphonique.

Même si la société a refusé de préciser le nombre d’abonnés supplémentaires générés par Fizz comparativement à son service régulier, M. Pruneau a reconnu qu’un « impact considérable » de la croissance était attribuable au fournisseur à bas prix.

« Nous réussissons à attirer un segment de consommateurs complémentaire à la clientèle de Vidéotron, à savoir les plus jeunes », a souligné le dirigeant de Vidéotron.

Toutefois, en dépit de la croissance du nombre de clients, la facturation mensuelle moyenne par abonné a fléchi de 2,1 %, s’établissant à 52,56 $.

L’analyste Maher Yaghi, de Desjardins Marchés des capitaux, a souligné dans une note que cela n’avait pas été le cas pour les trois concurrents de Québecor dans la téléphonie mobile au cours du même trimestre.

« Bien que cette baisse justifie un examen minutieux, cela ne devrait pas constituer un grave problème […] compte tenu de la hausse du nombre d’abonnés aux services sans fil et de l’élan constaté du côté des marges », a ajouté Drew McReynolds, de RBC Marchés des capitaux, dans une note.

Des critiques

Pour sa part, le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a souligné que les autorités fédérales devraient veiller à ce que certains concurrents ne bénéficient pas d’un avantage en proposant des plans de financement d’appareils échelonnés sur 36 mois.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a déclaré que les plans de financement sur 36 mois pourraient constituer une violation de son code de conduite, qui n’autorise aucune pénalité pour les clients résiliant un contrat après 24 mois.

En avril, Québecor avait suspendu temporairement le signal de TVA Sports destiné aux abonnés de Bell jusqu’à ce qu’un juge ordonne le retour du service. Québecor reproche à Bell de ne pas lui payer de redevances reflétant la juste valeur de ses chaînes spécialisées, en particulier TVA Sports, qui est notamment affectée par les performances du Canadien de Montréal, qui a raté les séries éliminatoires deux années de suite.

M. Peladeau a déclaré que TVA avait bien fait au cours du trimestre en dépit des faibles redevances d’abonnement.

« Le modèle du CRTC doit mettre en place un cadre de redevances de distribution plus équitable et plus clair qui ne protège plus les services de radiodiffusion qui bénéficient de décennies de redevances et de monopoles au détriment de nouveaux services concurrents », a-t-il déclaré.

L’homme d’affaires a également écorché Bell Média pour son offre visant à acquérir Groupe V Média, ce qui permet à l’entreprise d’exploiter une chaîne traditionnelle de langue française pour concurrencer TVA.

« Cela affaiblirait davantage un environnement médiatique déjà concurrentiel et fragile au Québec », a dit M. Péladeau, en ajoutant qu’il comptait sur le CRTC et le Bureau de la concurrence pour bloquer cette transaction.

Abstraction faite des éléments non récurrents, Québecor a engrangé un profit ajusté de 136,2 millions, ou 53 cents par action, par rapport à 105,9 millions, ou 29 cents par action, au deuxième trimestre l’an dernier.

Les analystes sondés par la firme Refinitiv tablaient sur des recettes de 1,07 milliard ainsi que sur un profit ajusté de 49 cents par action.