Stingray a connu hier sa meilleure journée de l’année en Bourse après avoir dévoilé une performance financière trimestrielle encourageante et annoncé un programme de rachat d’actions.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

Le titre du fournisseur montréalais de services musicaux a gagné 11 % pour clôturer à 6,80 $ à Toronto. Il s’agit de sa plus forte appréciation en pourcentage en une séance depuis le 6 novembre. L’action affiche néanmoins toujours un recul de quelque 30 % depuis un an, bien que les huit analystes qui suivent les activités de Stingray recommandent tous son achat.

Durant l’assemblée des actionnaires organisée hier au siège social de Stingray dans le Vieux-Montréal, le grand patron Eric Boyko a qualifié d’« assez explosifs » les résultats de début d’exercice. Et si le dividende est à nouveau bonifié, Eric Boyko soutient que l’annonce la plus importante du jour est le rachat de 3 millions d’actions, l’équivalent de 5 % des actions en circulation.

Eric Boyko a tenté d’expliquer à la centaine d’actionnaires réunis devant lui pourquoi l’action de Stingray subit une pression continue, si les activités se portent aussi bien que la direction le prétend.

« On a réalisé une acquisition [une centaine de stations de radio]. Quand on fait une aussi grosse transaction, le marché attend de voir si on va livrer les résultats. Ça fait juste deux trimestres. C’est donc normal de voir des investisseurs indécis. Et c’est pour cette raison que nous avons annoncé le rachat de 3 millions d’actions », a-t-il dit.

Les stations de radio acquises l’an passé par Stingray ont généré une marge de profit brut de 41,5 % au cours du trimestre qui vient de se terminer. 

« On a fait une plus grosse marge de profits que Google. C’est toute une business », a dit Eric Boyko après l’assemblée. 

Les revenus générés par les stations de radio de Stingray montrent de la résilience et les marges dégagées sont meilleures que ne l’avaient prévu les analystes, commente Drew McReynolds, chez RBC.

« Avec la tombée des journaux locaux, la radio devient le vecteur local. On est dans 80 petites villes au pays où il n’y a plus de journaux et où on est le seul diffuseur d’information locale », dit Eric Boyko.

Des acquisitions au Québec ?

Le Québec est l’une des seules provinces où Stingray ne détient pas de station de radio. « On aimerait ça, être pancanadien, dans les deux langues. Notre plan est de faire une grosse acquisition au Québec. Mais ça prend une masse critique. On ne peut pas acheter juste une station. Il faut des économies d’échelle. La raison pour laquelle ça fonctionne bien, c’est l’économie d’échelle. On est acheteurs. Il faut des actifs disponibles. On regarde », dit Eric Boyko.

L’entrepreneur de 49 ans a tenu à souligner que l’objectif est de faire de Stingray le plus grand diffuseur de musique au monde. « Plus grand que Spotify et XM Sirius. »

Stingray est une entreprise complexe, a convenu Eric Boyko durant son allocution, hier. « Nous avons quatre segments : la radio, qui génère un chiffre d’affaires annuel d’environ 160 millions ; la télévision (60 millions) ; la musique en magasins (60 millions) ; [et enfin] notre division B2C (60 millions) qui comprend huit applications de musique sur téléphone. »

INFOGRAPHIE LA PRESSE

L'action de Stingray depuis un an