(Montréal) Au-delà du prix offert pour Transat A. T., le Fonds de solidarité FTQ, deuxième actionnaire en importance du voyagiste, estime qu’Air Canada doit répondre à des questions avant de pouvoir bénéficier de son appui.

Julien Arsenault
La Presse canadienne

Si le fonds de travailleurs continue d’évaluer le dossier, son président et chef de la direction, Gaétan Morin, a dit vendredi avoir de « grandes questions en ce qui concerne les emplois » ainsi que le siège social de la société mère d’Air Transat.

« Nous avons une mission de création et de maintien d’emplois, a-t-il expliqué, en confirmant au passage avoir rencontré la direction d’Air Canada. Donc, nous sommes vraiment curieux de connaître quel sera finalement l’effet sur les emplois ici et sur le siège social. »

M. Morin y est allé de ces observations en marge de la publication des résultats du Fonds pour l’exercice terminé le 31 mai, où il a affiché un rendement de 7,8 % ainsi que des profits de 1,13 milliard.

Prudent dans ses commentaires, il n’était pas en mesure de dire si le Fonds, qui détient 11,56 % des actions en circulation de Transat A. T., comptait appuyer la proposition d’Air Canada, qui offre 13 $ pour chaque action du voyagiste québécois. Cette proposition doit être approuvée par au moins les deux tiers des actionnaires de Transat A. T.

Letko, Brosseau et associés, plus important actionnaire de l’entreprise, et Penderfund Capital Management, qui détiennent ensemble une participation de 22,06 %, ont déjà signalé leur opposition à une offre à 13 $ l’action, estimant qu’elle sous-évaluait la valeur de Transat A. T.

« Nous, notre décision se prendra en fonction de deux grands éléments : le prix et, bien sûr, les emplois ainsi que le siège social, a rappelé M. Morin. On a un rôle de fiduciaires à l’endroit de nos actionnaires, on a un rendement à leur procurer, mais en plus, on est un investisseur socio-économique. »

Dans ses communiqués, Air Canada dit vouloir conserver les marques de Transat A. T. ainsi que son siège social à Montréal, mais cette information ne figure pas dans la convention d’arrangement avec Transat A. T, qui n’est toujours pas disponible en français. On ignore aussi les intentions exactes de la plus importante compagnie aérienne au pays entourant les 5000 emplois du voyagiste.

M. Morin a dit espérer que ce genre de détail sera précisé dans la circulaire de sollicitation qui doit être envoyée aux actionnaires de Transat A. T. en vue du vote sur la transaction proposée, qui doit avoir lieu au plus tard le 26 août.

La Caisse de dépôt et placement du Québec est également actionnaire du voyagiste à hauteur de 5,83 %. Le bas de laine des Québécois n’a toutefois pas commenté le dossier jusqu’à présent.

À la Bourse de Toronto, l’action de Transat A. T. se négocie sous la barre des 12,50 $ depuis mercredi, alors que le promoteur immobilier Groupe Mach, qui proposait 14 $ par action du voyagiste, a indiqué qu’il ne s’estimait plus dans la course.