(New York) Fondée il y a 44 ans par Bill Gates et Paul Allen, Microsoft s’offre une seconde jeunesse grâce à ses avancées dans l’informatique dématérialisée, le « cloud », lui permettant de franchir pour la première fois de son histoire en séance le seuil des 1000 milliards de dollars à Wall Street.

Ali BEKHTAOUI
Agence France-Presse

Le titre Microsoft a dépassé ce cap symbolique dès l’ouverture jeudi, lorsque le cours est monté jusqu’à 130,97 dollars dans les premiers échanges.

La valeur boursière de l’entreprise était alors virtuellement de 1003,6 milliards de dollars, en prenant en compte le nombre d’actions en circulation actualisé mercredi par le groupe auprès du gendarme boursier américain.

À la clôture toutefois, l’entreprise est repassée juste en dessous de ce seuil, à 989,7 milliards de dollars, en raison d’un prix de l’action de 129,15 dollars à la fin des échanges boursiers, soit une hausse de 3,31 % sur la séance.

Microsoft, qui a profité de la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes mercredi, est la troisième entreprise privée au monde à franchir ce seuil des 1000 milliards de dollars de valeur, quelques mois après Apple, qui l’avait atteint plusieurs fois en clôture l’an dernier, et Amazon, qui l’avait touché en séance en 2018.

Jeudi, Microsoft était par ailleurs la première capitalisation boursière aux États-Unis et dans le monde, devant Apple, avec 968 milliards de dollars, et Amazon, avec 936 milliards.  

Le groupe de Jeff Bezos devait toutefois publier ses comptes en fin de journée et son cours boursier pourrait également bondir vendredi.

Créée en 1975 à Albuquerque, au Nouveau-Mexique, par Bill Gates et Paul Allen, l’entreprise ne s’implantera dans son campus de Redmond que onze ans plus tard, juste avant d’effectuer ses débuts en Bourse en mars 1986.

Historiquement spécialiste des logiciels et des systèmes d’exploitation Windows, Microsoft s’est plus récemment tournée vers l’informatique dématérialisée pour y trouver des relais de croissance, en concurrence frontale avec Amazon.

Ce virage stratégique a été impulsé par Satya Nadella, promu PDG de l’entreprise en 2014. Ce poste avait été auparavant occupé par seulement deux personnes, Bill Gates et Steve Ballmer.

« Point d’inflexion »

Cette transformation lui a permis de retrouver son rang parmi les géants technologiques américains, après avoir longtemps évolué derrière des groupes très innovants tels qu’Apple, Google et Amazon.

Microsoft tire désormais les fruits de ses développements dans l’informatique dématérialisée trimestre après trimestre, à l’image des comptes du troisième trimestre de son exercice décalé dévoilés mercredi.

Le chiffre d’affaires du segment « intelligent cloud » a bondi de 41 % à 9,6 milliards de dollars par rapport à la même période de l’exercice précédent, soit quasiment un tiers du chiffre d’affaires total de l’entreprise, à 30,6 milliards de dollars (+20 %), là où les analystes attendaient un peu moins de 30 milliards.

Le chiffre d’affaires d’Azure — son offre vedette de services dématérialisés à destination des entreprises — a grimpé de 73 %.

« Des organisations leaders dans tous les secteurs et de toutes les tailles ont confiance dans le “cloud” de Microsoft », s’est félicité mercredi Satya Nadella.

Ce début d’année « marque un point d’inflexion alors que de plus en plus d’entreprises choisissent (Microsoft) pour leur équipement » en « cloud », a noté Daniel Ives de Wedbush Securities.

« La fête du “cloud” ne fait que commencer à Redmond », a ajouté le spécialiste.

Ce segment a tiré les bénéfices totaux du groupe sur le trimestre clos fin mars, à 8,8 milliards de dollars, soit une progression de 19 % par rapport à l’année précédente.

Ces résultats ont été qualifiés d’« excellents » par les analystes de Canaccord Genuity, ceux-ci ajoutant que « la croissance de l’entreprise continue à être significativement meilleure qu’espérée ».