La banque d'affaires américaine Morgan Stanley a annoncé jeudi des résultats trimestriels décevants, invoquant un environnement « incertain » qui a notamment freiné ses activités spéculatives.

Mis à jour le 17 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

L'action dégringolait de près de 5 % dans les minutes suivant la publication de ces résultats dans les échanges électroniques de pré-séance à Wall Street.

La firme, dont le siège est près de Times Square au coeur de Manhattan, a certes enregistré un bénéfice net de 1,36 milliard de dollars au quatrième trimestre 2018, soit près du triple comparé au quatrième trimestre 2017. Mais à l'époque, le résultat net avait été grevé par une charge fiscale d'un milliard de dollars. Or le bénéfice a cette fois-ci été gonflé par un gain fiscal de 111 millions de dollars.

Rapporté par action et ajusté des éléments exceptionnels, référence en Amérique du Nord, le bénéfice est ressorti à 80 cents, inférieur aux 89 cents anticipés par les marchés.

Le chiffre d'affaires trimestriel de 8,55 milliards de dollars, en baisse de 10 % sur un an, est également en dessous des attentes, qui étaient de 9,26 milliards.

Les investisseurs espéraient une performance trimestrielle solide de Morgan Stanley après des résultats étincelants la veille de sa rivale, Goldman Sachs, qu'elle avait réussi à battre lors des trimestres précédents.

Expliquant que l'environnement mondial est « incertain », le PDG, James Gorman, a tenu à rassurer.

« Notre firme est solide et est bien placée pour trouver des opportunités de croissance et servir nos clients », déclare-t-il dans le communiqué.

En attendant, les principales divisions de la banque affichent une baisse de l'activité.

C'est notamment le cas de la branche « clients institutionnels » (-15,2 %), plombée par un plongeon des recettes du courtage (-7,7 %) en dépit d'une flambée des commissions des banquiers d'affaires (+40,7 %) qui conseillent les entreprises dans leurs opérations de fusions-acquisitions.

Cette division a surtout pâti du courtage des obligations, des devises et des matières premières (FICC), vache à lait des grandes banques avant la crise financière, dont les recettes se sont effondrées de 30,2 % sur un an malgré une résistance des produits financiers liés aux matières premières.

Morgan Stanley attribue cette déconvenue à la « volatilité » sur les marchés financiers et à des « conditions non favorables » en raison des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, le Brexit et la politique monétaire américaine, qui ont refroidi les investisseurs.

La banque n'a pas pu se reposer sur la division de gestion de fortunes et d'actifs, dont le chiffre d'affaires trimestriel a diminué de 6 % sous l'effet des rémunérations.

Après avoir failli déposer le bilan au moment de la crise financière, Morgan Stanley a changé de stratégie afin de limiter son exposition aux fluctuations des marchés.

Elle est devenue un courtier travaillant non seulement pour les entreprises mais aussi pour les petits épargnants.