(New York) American Airlines a promis jeudi de juteux dividendes à ses actionnaires, assurant en avoir fini avec la modernisation nécessaire de sa flotte d’avions et l’intégration d’US Airways, qui ont englouti une grande partie de ses liquidités lors des six dernières années.

Luc OLINGA Agence France-Presse

« Nous anticipons une chute des dépenses d’investissements » à partir de 2020, a déclaré le PDG Doug Parker, lors d’une conférence téléphonique avec les analystes financiers.

L’an prochain, American Airlines n’investira que 3,7 milliards de dollars, 2,1 milliards en 2021 et environ 3 milliards par an pour la période suivante.

Ces chiffres sont nettement inférieurs aux 5 milliards dépensés par an depuis 2013 par la compagnie aérienne, pour acheter de nouveaux avions, finaliser le mariage avec US Airways et se mettre au niveau de ses concurrentes.

Cette baisse des investissements va, de façon mécanique, augmenter l’argent que la compagnie aura dans ses caisses et American Airlines prévoit de choyer ses actionnaires et de se désendetter.

« Nous sommes confiants dans le fait que nous allons commencer à générer des liquidités importantes pour nos actionnaires à partir de 2020 et au-delà », a affirmé M. Parker, sans donner davantage de détails.

La dette devrait, elle, diminuer de 8 à 10 milliards dans les cinq prochaines années.

Acheter des Airbus

Ces promesses étaient saluées à Wall Street, où l’action gagnait plus de 2 % vers 15 h 30 GMT, après avoir été en baisse dans les minutes ayant suivi la publication de résultats du troisième trimestre.

Ceux-ci étaient en demi-teinte à cause des déboires du Boeing 737 MAX, avion cloué au sol depuis mi-mars en raison de deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts.  

Le bénéfice net a augmenté de 14,2 % à 425 millions de dollars au troisième trimestre, ce qui s’est traduit par un bénéfice par action ajusté – référence en Amérique du Nord –, de 1,42 dollar, supérieur au 1,39 dollar anticipé en moyenne par les analystes financiers.

Le chiffre d’affaires a progressé de 3,4 % à 11,91 milliards de dollars, mais reste inférieur aux attentes (11,93 milliards).

« Nos résultats auraient pu être meilleurs, mais ils ont été affectés par l’immobilisation au sol du Boeing 737 MAX », a justifié Doug Parker.

American Airlines a affirmé que les déboires du 737 MAX, dont la date de retour dans le ciel est encore incertaine, vont finalement lui coûter 540 millions de dollars au total cette année, au lieu de 400 millions estimés en juillet.

Pour le seul troisième trimestre, la facture était d’environ 140 millions de dollars.

American Airlines, qui dispose de 24 avions 737 MAX dans sa flotte et devait en recevoir 5 autres au courant du troisième trimestre, a dû annuler 9475 vols prévus sur cet avion phare de Boeing lors des trois derniers mois.

Il a repoussé au 16 janvier tous les vols sur le MAX.

« Nous allons faire en sorte que ce soient les actionnaires de Boeing qui paient les échecs de Boeing et non ceux d’American Airlines », a assuré Doug Parker.

Boeing a déjà mis de côté 5,6 milliards de dollars destinés à indemniser les compagnies aériennes et a entamé des discussions avec elles sur les formes que ces compensations vont prendre.

Southwest, première cliente du 737 MAX avec 34 exemplaires dans sa flotte, a annoncé pour sa part jeudi que l’interdiction de vol frappant cet avion lui avait déjà coûté 435 millions de dollars.

Le transporteur a également prévenu qu’il lui faudrait au moins un à deux mois pour remettre en service ses appareils MAX une fois que l’agence fédérale de l’aviation (FAA) aurait autorisé cet avion à voler à nouveau.

« Nous n’avons pas encore trouvé d’accord avec Boeing », a déclaré Gary Kelly, le PDG de Southwest, qui a fait savoir que la compagnie aérienne pourrait se tourner vers Airbus dans l’avenir.

La crise du 737 MAX a poussé American Airlines à ajuster à la baisse son principal objectif financier annuel.

Le transporteur table désormais sur un bénéfice par action ajusté compris entre 4,50 et 5,50 dollars, contre 4,50 à 6 dollars fin juillet.