La Banque Nationale a haussé son dividende jeudi, alors même qu’elle affichait un bénéfice net en hausse de 2 % pour son deuxième trimestre, par rapport à l’an dernier.

Armina Ligaya
La Presse canadienne

Le paiement trimestriel aux actionnaires passera ainsi de 65 cents à 68 cents par action, soit une hausse 5 % qui sera en vigueur à compter du versement du 1er août, pour les actionnaires inscrits en date du 25 juin.

Le bénéfice net de la Nationale a grimpé dans les secteurs des services bancaires personnels et commerciaux, du financement spécialisé aux États-Unis et à l’international, ainsi que de la gestion de patrimoine. Ces gains ont cependant été partiellement contrebalancés par un ralentissement dans la division des marchés financiers, et le résultat d’ensemble s’est avéré inférieur aux attentes des analystes.

Le chef de la direction de la banque, Louis Vachon, a estimé que le prêteur avait réalisé une « solide performance » au deuxième trimestre.

« Notre performance a été alimentée par la bonne progression de nos activités, notre gestion des coûts disciplinée, une vigoureuse qualité du crédit. […] Le contexte reste favorable au Canada et nous continuons à profiter de la vigueur et de la diversification de l’économique du Québec », a-t-il affirmé lors d’une conférence téléphonique avec des analystes pour discuter des résultats.

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Louis Vachon

Le résultat net de la banque pour le trimestre clos le 30 avril s’est établi à 558 millions, ou 1,51 $ par action, comparativement à 547 millions, ou 1,44 $ par action, pour le deuxième trimestre de 2018.

Les analystes attendaient en moyenne un bénéfice par action de 1,52 $, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

Dans son secteur des particuliers et des entreprises, la banque a dégagé un bénéfice net de 234 millions, en hausse de 9 % par rapport à 215 millions l’an dernier. La banque a indiqué que les prêts personnels avaient augmenté, en particulier grâce aux prêts hypothécaires, tandis que les prêts commerciaux ont avancé de 9 % comparativement à l’année précédente.

La division du financement spécialisé aux États-Unis et à l’international a affiché un résultat net de 72 millions, en hausse de 14 % par rapport à celui de 63 millions de la même période un an auparavant.

Les activités de gestion de patrimoine ont a dégagé un bénéfice de 118 millions, en hausse de 5 % par rapport à celui de 112 millions de la même période de l’année précédente.

Le profit attribuable aux activités des marchés financiers a cependant plongé de 16 % par rapport à l’an dernier pour atteindre 160 millions.

Les provisions pour pertes sur mauvaises créances ont totalisé 84 millions au cours du trimestre, en baisse comparativement à 91 millions pour la même période l’an dernier.

Le ratio des fonds propres de catégorie 1 de la banque, une mesure clé de sa santé financière, s’élevait à 11,5 % au 30 avril, sans changement par rapport au trimestre précédent. Il était cependant supérieur à celui de 11,3 % de la même période l’an dernier.

Les résultats du plus récent trimestre de la Nationale étaient généralement « conformes » aux attentes, à quelques différences près, a observé Robert Sedran, analyste chez Marchés des capitaux CIBC.

La hausse de 9 % du secteur des services bancaires aux particuliers et aux entreprises était « de loin la meilleure du groupe des banques pour ce trimestre », a-t-il ajouté dans une note à ses clients.

Hausse des profits pour l’ensemble du secteur

Dans l’ensemble, les six plus grandes banques du Canada ont affiché des résultats mitigés pour leur deuxième trimestre, avec certains bons coups et d’autres moins bons. Mais elles ont tout de même généré ensemble des profits d’environ 12 milliards.

Le bénéfice net des six plus grands prêteurs du pays pour le trimestre clos le 30 avril a progressé d’environ 7 % en moyenne, ou d’environ 5 % sur une base ajustée.

Même si la croissance des prêts nationaux a généralement ralenti après la mise en place, l’an dernier, de réglementations visant à resserrer les prêts hypothécaires, elle a tout de même été meilleure que prévu. Par ailleurs, les banques exerçant des activités internationales ont de nouveau été dynamisées ce trimestre, ont indiqué des analystes.

Entre-temps, l’activité sur les marchés des capitaux, bien que globalement en baisse, a également dépassé les attentes, ont-ils ajouté.

« Elles ont enregistré une bonne performance », a estimé Meny Grauman, analyste chez Cormark Securities, à Toronto. « Elles ont continué à donner de bons résultats, mais pas des résultats spectaculaires. Et il y avait clairement assez d’éléments sombres dans les résultats pour continuer à alimenter les questions sur le niveau de leur performance à venir. »

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