TransCanada Pipelines est la dernière entreprise à l’avoir fait : vendredi dernier, ses actionnaires ont accepté le changement de nom proposé par la direction, qui fait disparaître le mot « pipelines ».

Hélène Baril Hélène Baril
La Presse

« Pipeline », « pétrole », « gaz » sont des mots devenus indésirables et les entreprises essaient de s’en éloigner et de s’en débarrasser dans leur raison sociale.

Ce n’est pas nouveau, mais il faut s’attendre à en voir de plus en plus, estime Stéphane Mailhiot, vice-président principal stratégies de marque de l’agence de publicité Havas à Montréal.

« Pétrole, gaz, c’est sale, c’est méchant dans l’esprit des gens, peu importe qu’on en ait besoin. C’est un courant que les entreprises n’ont pas le choix d’adopter. »

Stéphane Mailhiot rappelle que le géant British Petroleum a tenté le coup en 2001, en changeant son logo et en s’affichant comme Beyond Petroleum pour affirmer son cheminement vers la transition énergétique.

Au fur et à mesure que les entreprises vont faire des efforts pour s’éloigner des énergies fossiles, elles vont vouloir le dire, note le spécialiste. 

« L’idée est de faire réaliser aux gens qu’on a progressé. Ça peut être la vérité et ça peut être ce qu’on appelle du green washing. Est-ce que ça dupe les consommateurs ? C’est une autre question. » — Stéphane Mailhiot, vice-président principal stratégies de marque de l’agence de publicité Havas

Changer de nom est une façon de dire qu’on a changé, mais on ne peut pas faire ça souvent, souligne Stéphane Mailhiot. « Quand elles le font, les entreprises se mettent une pression. Elles vont être attendues par les consommateurs. »

TransCanada Pipelines

En devenant TC Energy, TransCanada a biffé les mots Canada et Pipelines de sa raison sociale. Pour la direction de l’entreprise, le nouveau nom évoque l’étendue de ses activités, qui comprennent des pipelines, mais aussi de la production et du stockage d’énergie. Des analystes ont noté que c’est aussi une façon de se distancier du Canada, où il est difficile de faire approuver des projets de pipelines.

Gaz Métro

Le distributeur de gaz québécois Gaz Métro s’est rebaptisé Énergir à la fin de 2017. Selon l’entreprise, le changement veut souligner que la distribution de gaz naturel n’est plus sa seule activité. La production et la distribution d’électricité ainsi que les parcs solaires se sont ajoutés et comptent maintenant pour près de 45 % de son actif.

L’Association des indépendants du pétrole

Après 60 ans d’existence, l’Association des indépendants du pétrole, qui regroupe les détaillants d’essence et de mazout, est devenue l’Association des distributeurs d’énergie du Québec. C’est « un nom plus inclusif, qui représente mieux l’évolution de ses membres et de l’industrie vers de nouvelles énergies à plus faible empreinte carbone », a fait savoir l’AQUIP en annonçant son changement de nom il y a deux ans.

L’Association pétrolière et gazière du Québec

À la fin du mois de mai, ce sera au tour de l’Association pétrolière et gazière du Québec de se donner une nouvelle identité. Le regroupement, qui veut exploiter les ressources gazières et pétrolières du sous-sol québécois, annoncera un nouveau nom pour refléter le fait que la technologie a évolué et que l’empreinte écologique de ses projets « va faire compétition à celle du solaire et de l’éolien ». « Nous avons tellement changé en fait que nous croyons que le temps est venu de se redéfinir », annonce l’Association présidée par le président de Questerre, Michael Binnion. Le nom n’est pas encore connu, mais un nouveau slogan, « Notre propre gaz », est apparu dans les communications de l’association.