La pétrolière ExxonMobil, dont l'ancien PDG va devenir le nouveau chef de la diplomatie américaine, a annoncé mardi un plongeon de ses bénéfices 2016 dû à des dépréciations d'actifs et au prix bas continu de l'or noir.

Publié le 31 janv. 2017
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le résultat net a chuté l'an dernier de 51,4% à 7,84 milliards de dollars, dont 1,68 milliard (-39,57% sur un an) au quatrième trimestre, pour des revenus annuels de 226,09 milliards (-15,9%) et trimestriels de 61 milliards (+2,02%). Les marchés financiers tablaient sur un chiffre d'affaires annuel de 230,92 milliards de dollars et trimestriel de 62,28 milliards.

Le bénéfice par action ajusté, référence en Amérique du Nord, est ressorti, lui, à 1,88 dollar sur l'ensemble de l'exercice et à 0,41 dollar pour les trois derniers mois, contre 2,19 dollars et 0,70 dollar anticipés respectivement.

Le groupe texan a pâti d'une charge de 2 milliards de dollars due à des dépréciations d'actifs, notamment d'un gisement gazier aux États-Unis, ce qu'a tenu à souligner Darren Woods, le nouveau PDG ayant succédé à Rex Tillerson.

«Les résultats financiers pour l'année ont été impactés négativement par le déclin prolongé des prix des matières premières et la charge de dépréciations d'actifs», a déclaré M. Woods, cité dans le communiqué.

Il a affirmé qu'Exxon était en train d'étoffer son portefeuille d'exploration après de nouvelles découvertes de champs d'hydrocarbures en Guyane, au Nigeria et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

À Wall Street, le titre perdait 1,13% à 83,90 dollars vers 11h45 à la Bourse de New York.

En 2016, la major pétrolière a appliqué la même recette que celle en place depuis la chute des prix du pétrole en 2014 même si les cours du brut se sont stabilisés récemment autour de 50 dollars le baril.

L'enveloppe affectée au développement des activités de forage, de plateformes, de terminaux et de gisements pétroliers et gaziers a diminué de 37,83% à 19,30 milliards de dollars l'an dernier.

En conséquence, la production de pétrole et de gaz a baissé «légèrement», à 4,1 millions de barils équivalent pétrole par jour.

L'activité lucrative de production et exploration pétrolière et gazière (amont) a enregistré un bénéfice de 196 millions de dollars, contre 4,9 milliards en 2015. Si on exclut la charge liée aux dépréciations d'actifs, le bénéfice n'a reculé que de 55%.

ExxonMobil n'a pas beaucoup profité de son modèle économique, qui le place à tous les échelons de l'industrie pétrolière: de l'exploration à la vente au consommateur via les stations-service notamment.

Les activités de raffinage (aval) ont certes enregistré un bénéfice de 4,2 milliards de dollars, mais celui-ci a fondu de 2,4 milliards en un an, tandis que le résultat net de la chimie a progressé de 197 millions de dollars à 4,6 milliards de dollars.

Traditionnellement, quand les prix du brut sont bas, les coûts de traitement sont allégés, ce qui bénéficie aux raffineurs. Toutefois les marges dans cette activité ont fortement baissé ces derniers mois avec un léger redressement des cours du pétrole qui s'échangent actuellement aux alentours de 40 dollars le baril.