Le passé de SNC-Lavalin continue de peser sur la firme

Les scandales ayant éclaboussé d'ex-employés de SNC-Lavalin au cours des... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

Agrandir

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La Presse Canadienne
Montréal

Les scandales ayant éclaboussé d'ex-employés de SNC-Lavalin au cours des dernières années pèsent toujours sur la firme, qui tente de rétablir sa réputation et regagner la confiance de clients.

Si l'entreprise se bute à des portes closes à certains endroits dans le monde, le remaniement de sa haute direction ainsi que l'instauration de nouvelles mesures d'éthique ont rassuré de nombreux clients, notamment au Moyen-Orient.

«Cela nous a aidés à tourner la page pour jeter les bases de relations plus normales», a expliqué jeudi le président et chef de la direction de SNC-Lavalin, Neil Bruce, en marge de l'assemblée annuelle des actionnaires, à Montréal.

L'entreprise est désormais moins présente, ou carrément absente, de pays comme la Libye ainsi que l'Algérie, s'étant tournée vers Abou Dhabi, Dubaï, l'Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït pour asseoir la croissance de son secteur pétrolier et gazier.

Néanmoins, M. Bruce, aux commandes de la firme depuis sept mois, doit continuer à aborder le passé trouble de l'entreprise établie à Montréal et qui compte 37 000 employés.

«Certains des clients (au Moyen-Orient) n'ont pas toutes les informations, a expliqué M. Bruce, en conférence de presse. Nous devons passer beaucoup plus de temps que nos concurrents à parler de tout cela.»

En 2013, la Banque mondiale avait placé SNC-Lavalin et certaines de ses filiales sur une liste noire pour 10 ans, l'empêchant de soumissionner sur certains appels d'offres.

Au Canada, la firme conteste les accusations criminelles déposées - une de fraude et une de corruption - à son endroit par la Gendarmerie royale du Canada et compte plaider non coupable.

SNC-Lavalin a profité de son assemblée annuelle pour exhorter à nouveau Ottawa d'imiter les systèmes mis en place ailleurs et qui permettent aux entreprises de régler des cas de corruption et ainsi d'éviter d'être désavantagées lorsqu'elles cherchent à décrocher des contrats dans les autres pays du G7.

«Nous continuons de le dire au gouvernement fédéral, mais l'échéancier et comment tout cela pourrait se passer», on ne le sait pas encore, a répondu le président du conseil, Lawrence Stevenson, lorsque questionné sur le sujet.

Par ailleurs, la levée partielle des sanctions contre l'Iran n'incitera pas SNC-Lavalin à s'établir dans ce pays, et ce, même si la firme veut faire croître son secteur pétrolier et gazier.

M. Bruce a affirmé que ce sont plutôt les clients de l'entreprise qui risquent de percer ce marché en premier, ajoutant qu'il ne voyait pas d'occasions d'affaires en Iran pour les «deux ou trois prochaines années».

Renouer avec Hydro-Québec

SNC-Lavalin a également les yeux rivés sur les projets d'expansion d'Hydro-Québec, qui souhaite doubler sa taille d'ici 2030 et potentiellement réaliser des acquisitions à l'étranger pour atteindre ses objectifs.

M. Bruce croit que la firme d'ingénierie est bien placée pour épauler la société d'État si celle-ci décide de percer à l'international.

«Depuis des années, Hydro-Québec effectue beaucoup de travail à l'interne, ce qui a réduit pour nous les occasions d'affaires», a-t-il dit.

Le dirigeant de SNC-Lavalin dit avoir déjà rencontré personnellement la nouvelle direction de la société d'État, ajoutant avoir reçu une invitation pour aller visiter certains projets en juin.

Sans entrer dans les détails, la chef des affaires publiques chez Hydro-Québec, Isabelle Thellen, a confirmé qu'il y avait eu des pourparlers avec la firme d'ingénierie. Elle a toutefois précisé que la société d'État discutait également avec d'autres entreprises.

La firme de génie a également dévoilé ses résultats du premier trimestre, période au cours de laquelle elle a engrangé un bénéfice net de 122,1 millions $ ou 81 cents par action, en hausse de 17 %.

Cela s'explique par un gain net de 51,1 millions $ après impôt, ou 34 cents par action, provenant principalement de la vente de sa participation dans l'aéroport de Malte.

Les recettes de la firme ont toutefois légèrement fléchi, passant de 2,26 milliards $ à 1,99 milliard $.

Sur une base ajustée, en excluant les éléments non récurrents, le résultat de SNC-Lavalin a grimpé de 3,2 % pour s'établir à 97 millions $, ou 64 cents par action.




Les plus populaires : Affaires

Tous les plus populaires de la section Affaires
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer