Un métro pas cher pour Bombardier

Le président et chef de la direction de... (Photo Paul Chiasson, archives PC)

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Le président et chef de la direction de Bombardier, Pierre Beaudoin, a expliqué que l'entreprise étudie la possibilité de concevoir un métro de «catégorie B», plus abordable pour d'éventuels acheteurs.

Photo Paul Chiasson, archives PC

Le président et chef de la direction de Bombardier, Pierre Beaudoin, a fait le point, hier, sur quelques dossiers chauds au cours d'une conférence téléphonique sur les résultats du troisième trimestre.

Bombardier étudie la possibilité de concevoir un modèle de métro de base, possiblement sous une autre marque que «Bombardier», pour des pays émergents qui ne peuvent se payer un métro de première classe.

«Beaucoup de réseaux, en Amérique latine par exemple, voudraient un métro beaucoup plus élémentaire, a déclaré M. Beaudoin. Il s'agirait d'un métro très différent de ce que nous construisons pour Montréal, Paris, Londres ou New York. Notre équipe d'ingénierie étudie cela.»

Il a noté qu'en Chine, les métros construits par Bombardier étaient considérés comme des métros de catégorie A. Or, il existe une catégorie B pour des métros beaucoup moins chers.

M. Beaudoin a ajouté que Bombardier étudiait la possibilité de créer une marque différente pour de tels produits. «À ce point-ci, nous ne sommes pas certains si le fait de vendre des produits sous une autre marque ajouterait quelque chose à Bombardier Transport», a-t-il toutefois déclaré.

Une réduction de crédits d'impôt qui dérange

La réduction du crédit d'impôt pour la recherche et le développement «dérange» Bombardier.

«Bombardier investit beaucoup en recherche et en développement au Canada et au Québec, a déclaré Pierre Beaudoin. Nous avons plusieurs milliers d'ingénieurs qui travaillent au développement de nos appareils. Quand il y a une modification au niveau des crédits d'impôt, c'est quelque chose qui nous dérange.»

Aéro Montréal (la grappe aérospatiale du Québec) s'est présentée la semaine dernière devant la Commission d'examen sur la fiscalité québécoise pour demander l'annulation de la réduction de 20% du crédit d'impôt pour la recherche et le développement.

Le marché russe toujours intéressant

Bombardier cherche toujours à vendre l'appareil turbopropulsé Q400 en Russie, même si la situation politique et économique a eu raison de son projet de coentreprise avec la société d'État russe Rostec.

En août 2013, Bombardier et Rostec ont signé un protocole et des lettres d'entente prévoyant l'implantation d'une usine d'assemblage du Q400 en Russie et la vente de 100 appareils dans la région.

«Avec la situation politique actuelle, avec la situation économique russe, on met le projet de ligne d'assemblage de côté pour l'instant, a déclaré Pierre Beaudoin. Mais ils croient toujours au Q400, ils ont besoin d'un tel avion. Nous poursuivons les discussions pour vendre le Q400 en Russie.»

Par ailleurs, Bombardier entend maintenir la cadence de production du Q400 et du biréacteur régional CRJ au Canada. «Nous pensons qu'il y a de bonnes opportunités pour le CRJ et le Q400, a affirmé M. Beaudoin. Nous ne voyons pas de raison de changer [la cadence].»

Le grand patron de Bombardier a déclaré que l'entreprise augmentera graduellement ses effectifs, l'année prochaine, pour faire face à l'entrée en service de la CSeries au deuxième trimestre 2015.

Des résultats qui surpassent les attentes

Les revenus de Bombardier ont bondi au troisième trimestre, mais la réorganisation au sein de Bombardier Aéronautique et de Bombardier Transport a pesé lourd sur le bénéfice net.

Bombardier a surpassé les attentes des analystes avec une augmentation de 20% des revenus, qui sont passés de 4,1 à 4,9 milliards US. Toutefois, le bénéfice net a fondu de moitié, passant de 147 à 74 millions US. Cette réduction est toutefois attribuable à une charge de restructuration de 63 millions US pour Bombardier Aéronautique et de 57 millions US pour Bombardier Transport.

En juillet dernier, Bombardier a annoncé son intention de scinder Bombardier Aéronautique en trois secteurs. Cette réorganisation devait se traduire par la perte de 1800 emplois. Dans les faits, ce sont 2000 postes qui ont été éliminés, dont près de la moitié dans la région montréalaise.

De son côté, Bombardier Transport a éliminé 900 postes.

Bombardier estime que ces compressions entraîneront des économies annuelles de 200 millions US du côté aéronautique et de 68 millions US du côté transport.

L'action de catégorie B de Bombardier a perdu 6 cents, ou 1,5%, pour clôturer à 3,81$ à la Bourse de Toronto, hier.




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