Du surf sur le sable chaud. Un tour de chameau dans le désert. Une visite de la première ville carboneutre au monde. L'itinéraire de vacances de rêve? Pour 25 étudiants de McGill, ces activités font plutôt partie d'un cours d'administration sur la concurrence internationale. Un cours donné très loin de leurs bancs d'école habituels au centre-ville de Montréal.

Mis à jour le 17 févr. 2010
Vincent Brousseau-Pouliot
Vincent Brousseau-Pouliot LA PRESSE

Demain soir, ces étudiants au bac en administration et au MBA amorcent un voyage de 10 jours aux Émirats arabes unis, à Dubaï et à Abou Dhabi. Le but du séjour? Étudier l'économie des Émirats arabes unis. «Nous voulons voir comment le Canada rivalise avec le reste des économies mondiales», dit le professeur Karl Moore, qui accompagne ses étudiants au Moyen-Orient.

> Notre journaliste sur Twitter : twitter.com/vincentbp

Les étudiants se penchent sur l'économie des Émirats arabes unis, durement touchée par une crise financière et immobilière, depuis leur rentrée en classe en janvier. «Dubaï est encore plus pertinent avec la crise immobilière que l'émirat vient de vivre, dit Frédérique Marsan-Martin, étudiante au bac en administration. Ils ont beaucoup misé sur l'immobilier et ils ont besoin d'une nouvelle industrie. Est-ce que ce sera le tourisme? Deviendront-ils le centre financier du Moyen-Orient?»

«Je veux comprendre le modèle économique de Dubaï et voir si c'est possible de le reproduire ailleurs», dit Carolina Fernandez, étudiante au MBA.

Enjeux sociaux et culturels

Les étudiants s'intéressent aussi aux enjeux sociaux et culturels à Dubaï. «Le pays est peuplé d'expatriés à 80%, mais les lois reflètent les valeurs du 20% des gens originaires des Émirats, dit Patrick Mercier, étudiant au bac en administration. Ce sera intéressant de voir comment ces deux cultures coexistent.»

Parmi le groupe, une seule étudiante parle couramment l'arabe: Tala Al-Jabri, qui a grandi en Arabie Saoudite et en Jordanie mais qui habite à Montréal depuis sept ans. Elle sera la traductrice officielle du groupe. «La culture d'affaires du monde arabe ressemble un peu à la nôtre, dit-elle. Par exemple, ils se serrent aussi la main au début d'une rencontre d'affaires. Mais en général, les Arabes sont plus impliqués personnellement dans leurs entreprises et leurs relations d'affaires. Ils vont vous servir du thé, vous inviter à la maison pour bien vous connaître.»

La délégation de McGill rencontrera plusieurs acteurs économiques importants des Émirats arabes unis. Ils auront un entretien privé avec les grands patrons pour le Moyen-Orient de McDonald's, General Electrics, la Deutsche Bank et la firme de consultation McKinsey. Aussi au programme, des rencontres avec des diplômés de McGill en poste à Dubaï. Les étudiants iront notamment dîner chez Sylvain Denis, l'ancien grand patron de la firme d'investissement privé du cheikh Mohammed (Dubaï International Capital).

Le voyage de 75 000$ a été financé au tiers par les étudiants et aux deux tiers par des dons privés.

Le coût des activités «parascolaires», comme le surf sur le sable, les tours de chameau et les virées nocturnes, n'est évidemment pas inclus.