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Martin Brassard: «Notre mariage avec Boeing est productif»

Martin Brassard, nouveau PDG de Héroux-Devtek... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE)

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Martin Brassard, nouveau PDG de Héroux-Devtek

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

En poste depuis 25 ans chez Héroux-Devtek, où il était vice-président exécutif et chef des opérations, Martin Brassard deviendra samedi le nouveau PDG du fabricant de trains d'atterrissage, succédant ainsi à Gilles Labbé, PDG de 1989 à aujourd'hui, qui assumera dorénavant la présidence exécutive du conseil d'administration.

L'entreprise, établie à Longueuil, a réalisé deux acquisitions l'an dernier et exploite aujourd'hui un réseau de 15 usines au Canada, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Espagne, avec 1800 employés, dont près de 600 au Québec.

La semaine dernière, Héroux-Devtek a livré des résultats financiers nettement au-dessus des attentes et confirmé l'obtention de nouveaux mandats pour le géant Boeing.

Parlez-nous d'abord un peu de vous. Vous avez occupé au cours des 25 dernières années différentes fonctions au sein de la haute direction de Héroux-Devtek. Vous connaissez bien l'entreprise. Quel sera votre mandat exactement ?

J'ai commencé en 1994 comme contrôleur de l'usine de Longueuil. À l'époque, on avait trois usines : une à Longueuil, une à Saint-André et une autre à Cincinnati. On traversait des années difficiles avec l'effondrement du mur de Berlin, le marché militaire était en chute, et l'aviation commerciale sortait d'une récession.

Puis j'ai eu le mandat d'implanter un nouveau système informatique avant de devenir vice-président, contrôle et technologies de l'information.

En 2005, je suis devenu directeur général de la division Trains d'atterrissage, avant d'être nommé chef des opérations.

Je suis là pour assurer la continuité. Je travaille avec Gilles Labbé depuis 25 ans, on se connaît comme les doigts de la main, comme toute l'équipe de direction d'ailleurs, qui est en poste et qui est restée quasi la même depuis 15 ans.

Gilles va continuer de s'occuper des clients stratégiques et des fusions et acquisitions, et moi, je vais voir à la croissance des opérations et à l'intégration des acquisitions.

Vous venez d'annoncer la conclusion de deux nouvelles ententes avec Boeing, soit la fabrication des trains d'atterrissage des FA-18 et des F-15 pour l'armée américaine. Est-ce qu'il s'agit de gros mandats ?

Le contrat des FA-18 avait été annoncé l'été dernier. On vient de dévoiler que l'entente était élargie pour la fabrication des trains d'atterrissage des F-15 et les services après-vente.

Le contrat des FA-18 est pour la marine américaine. On doit leur livrer les trains d'atterrissage de 24 appareils par année et on va être responsables des ventes à l'étranger. Même chose avec le F-15, où on va équiper 12 appareils par année pour la U.S. Air Force, en plus des commandes à l'étranger.

On a aussi annoncé récemment que l'on va fabriquer les trains d'atterrissage des MQ-25, les drones ravitailleurs qui vont équiper les porte-avions de la marine américaine. On a fait tout le développement de ces trains d'atterrissage à notre centre d'ingénierie de Saint-Hubert. On parle ici d'une commande pour 100 MQ-25.

Pourquoi Boeing a-t-il décidé de choisir Héroux-Devtek plutôt que Goodrich, qui a été longtemps son principal fournisseur de trains d'atterrissage ?

C'est une relation de confiance qui s'est bâtie au fil du temps. On a fait du bon travail pour Boeing en obtenant le contrat des hélicoptères CH-47, puis on a décroché le contrat de fabrication des trains d'atterrissage géants des Boeing 777 et 777X et ils sont très satisfaits du travail que l'on fait pour eux.

Boeing cherchait un fournisseur de qualité pour mettre un peu de compétition dans sa chaîne d'approvisionnement. Ils sont contents de notre performance, et on obtient de plus en plus de mandats. Notre mariage avec Boeing est productif.

Le contrat des trains d'atterrissage des 777 vous a amené à réaliser des investissements importants, mais la cadence de production promise par Boeing n'a pas été au rendez-vous. Est-ce que cela vous inquiète ?

Pas du tout. C'est vrai qu'on a dû investir pour réaliser cet important contrat. On a construit trois usines : une à Cambridge, en Ontario, une à Cleveland, où on fait le plaquage, et une autre à Seattle, à proximité des installations de Boeing, où on fait l'assemblage final. Les trains d'atterrissage sont trop gros pour prendre la route.

On en fabrique de 50 à 60 par année. C'est un peu moins que ce qui avait été prévu, mais Boeing a lancé le 777X, une nouvelle version avec un plus long rayon d'action, et cela a réduit les commandes du 777. On va se reprendre avec la fabrication des trains du 777X. On sent déjà l'accélération des livraisons pour ce mandat spécifique.

Vous avez réalisé en 2018 deux acquisitions qui vous ont permis d'élargir votre base de clientèle, notamment auprès d'Airbus Défense. Quelles sont les perspectives de ces nouvelles activités ?

On a racheté à Airbus la société CESA qui fabrique des trains d'atterrissage, mais qui produit aussi des systèmes de contrôle de vol. C'est un nouveau secteur d'activité que l'on veut développer au cours des prochaines années.

Héroux-Devtek est le troisième fabricant de trains d'atterrissage du monde, derrière Goodrich (United Technologies) et Messier-Dowty (Safran). C'est un marché de 3 milliards US par année.

Le marché des systèmes d'activation de vol est un marché de 8 milliards US par année. On commence à s'y intéresser. L'acquisition de CESA, en Espagne, et de Beaver Aerospace, aux États-Unis, nous ouvre les portes de ce marché.

Mais surtout, ça nous a amené de nouveaux clients. On faisait déjà affaire avec Airbus Hélicoptères, mais là, on rajoute Airbus Défense, Turkish Aerospace, Rockwell Collins... et à l'inverse, on amène notre base de clients à CESA et à Beaver.

Comment assurez-vous la cohésion de votre réseau de 15 usines localisées au Québec, en Ontario, aux États-Unis, en Angleterre et en Espagne ?

Chaque fois que l'on fait une acquisition, on envoie en mission des membres de notre équipe de direction. On a des gens qui sont en Angleterre depuis cinq ans, on en a d'autres en Espagne. Ils sont là pour assurer l'intégration, mais on forme des équipes sur place de jeunes dirigeants qui sont sur le point de prendre la relève.

Je me déplace chaque trimestre dans chacune de nos régions, et les équipes locales viennent également à notre siège social de Longueuil chaque trimestre.

Vous allez participer dans trois semaines au Salon international de l'aéronautique du Bourget. Quelles sont vos attentes par rapport à cet événement ?

C'est l'occasion de rencontrer tous nos clients et tous nos fournisseurs. Même si j'étais à Seattle il y a deux semaines, je vais rencontrer nos partenaires de Boeing pour faire le suivi sur nos programmes.

On va aussi pousser notre nouveau secteur de systèmes de contrôle de vol et explorer les opportunités. C'est un petit segment d'affaires pour nous présentement, mais c'est un très gros marché qui nous intéresse.




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