(Washington) La Banque centrale américaine (Fed) pourrait commencer à réduire ses achats d’actifs dès le mois de novembre, et les terminer au milieu de l’année prochaine, selon les minutes de la dernière réunion de politique monétaire, publiées mercredi.

Agence France-Presse

« Les participants (à cette réunion) ont noté que si une décision de commencer à réduire les achats était prise lors de la prochaine réunion, le processus de réduction pourrait commencer […] à la mi-novembre ou à la mi-décembre », souligne ce compte-rendu de la réunion des 21 et 22 septembre.

Le Comité monétaire de la Fed se réunira de nouveau les 2 et 3 novembre.

« La plupart des participants ont estimé qu’à condition que la reprise économique reste globalement sur la bonne voie, un processus de réduction progressif conclu vers le milieu de l’année prochaine serait probablement approprié », souligne le document.

Les achats d’actifs pourraient alors être réduits, chaque mois, à hauteur de 10 milliards de dollars pour les bons du Trésor, et de 5 milliards de dollars pour les MBS (produits financiers adossés à des prêts immobiliers), est-il encore précisé.

A ce rythme, il faudrait huit mois pour ramener à zéro ces achats.

Depuis le début de la crise, la Fed injecte chaque mois sur les marchés 120 milliards de dollars de liquidités, via l’achat de 80 milliards de bons du Trésor et 40 milliards de MBS. Cela a permis de fluidifier le crédit et de pousser les taux à la baisse pour aider la reprise économique.

Maintenant que la reprise américaine est sur les rails, l’institution entend commencer à ranger ses outils anti-crise, mais ses responsables veulent, avant de lancer le mouvement, être certains que le redressement soit durable.

Les taux directeurs, abaissés en mars 2020 dans une fourchette de 0 à 0,25 % pour soutenir l’économie face à un COVID-19 galopant, ne devraient pas être relevés, tant que les achats d’actifs ne sont pas ramenés à zéro.

Difficultés d’embauche

Les participants à cette réunion ont fait état de la « difficulté à embaucher » pour les entreprises, et certains ont indiqué que la participation au marché du travail n’avait pas augmenté comme ils l’attendaient avec la réouverture des écoles et la suppression des allocations chômage exceptionnelles.

Et même, « plusieurs participants ont suggéré qu’un retour complet aux conditions (d’emploi) prépandémiques était peu probable ».

Ces difficultés de recrutement, qui poussent les employeurs à augmenter les salaires, s’ajoutent aux perturbations mondiales de la chaîne d’approvisionnement, et font grimper les prix.

Les responsables de la Fed se sont ainsi inquiétés que ces difficultés « puissent durer plus longtemps et avoir des effets plus importants ou plus persistants sur les prix et les salaires », qu’anticipé auparavant.

Les difficultés mondiales d’approvisionnement, qui provoquent retards et pénuries depuis des mois, sont au cœur mercredi des G20 et G7 Finance, réunis à Washington.  

Après deux mois de modération, l’inflation aux États-Unis a de nouveau accéléré en septembre, à 0,4 % sur un mois, selon l’indice des prix à la consommation (CPI). Sur un an, l’inflation s’accélère aussi, à 5,4 %.