Pour simplifier, on pourrait dire que Proceco fabrique de gros lave-vaisselle pour nettoyer les moteurs d’engins spatiaux. Entre autres.

Publié le 7 février
Marc Tison
Marc Tison La Presse

L’un de ses systèmes, muni d’une table tournante de 2,24 m (88 po) de diamètre, peut récurer de fond en comble un moteur de lanceur spatial de plus de 3 m de hauteur, le rincer et le sécher parfaitement, tout cela dans le même compartiment. L’entreprise montréalaise, spécialisée dans les systèmes de nettoyage de pièces, est en train de se tailler une part importante, sinon celle du lion, dans le marché des lanceurs réutilisables.

L’entreprise soutient qu’au cours des deux dernières années, elle a pu se « positionner comme le fournisseur de choix » de l’industrie aérospatiale, en obtenant plusieurs contrats auprès de membres de la Fédération des vols spatiaux commerciaux (Commercial Spaceflight Federation), qui compte en son sein des entreprises comme SpaceX, Blue Origin et Virgin Galactic.

« La plupart font déjà affaire avec nous ou sont en train d’en faire la demande », indique Yoly Ramos, gestionnaire marketing chez Proceco, qui ne peut en citer aucune en particulier pour des raisons de confidentialité.

« Depuis octobre 2021, nous avons vendu quatre systèmes, tous pour des lanceurs, dont un cabinet de nettoyage à table tournante », indique-t-elle.

Depuis une dizaine d’années, la recherche privée sur les systèmes de lancement réutilisables a connu une accélération marquée.

« Il y a eu un boom », dit-elle – au sens propre lors des phases d’essais parsemées d’explosions, au figuré depuis que les allers-retours réussis se multiplient.

Pour être réutilisés, les lanceurs doivent être inspectés, donc nettoyés.

C’est ici qu’intervient Proceco.

L’image réductrice du lave-vaisselle

Depuis sa fondation en 1975 par l’ingénieur Helmut Schauer, Proceco a fourni plus de 7000 systèmes de nettoyage de pièces et de traitement des surfaces, dont 500 à des clients de l’industrie aérospatiale.

L’entreprise compte près de 75 employés, dont une solide équipe d’ingénieurs mécaniques et électriques. Elle fabrique dans son usine montréalaise des systèmes de nettoyage modulaires, dont les éléments peuvent être adaptés et combinés pour répondre aux besoins spécifiques du client.

Pour l’essentiel, les systèmes de Proceco sont de grandes boîtes, à l’intérieur desquelles s’effectue un nettoyage sous haute pression avec une solution composée d’eau et de 3 à 5 % de détergent alcalin – d’où l’image du lave-vaisselle.

Une image un peu réductrice…

« Le défi des différents secteurs que nous desservons, c’est la taille et la complexité des pièces », énonce Yoly Ramos.

La culasse à 16 cylindres d’un moteur diésel de locomotive, par exemple…

« Un lave-vaisselle fait le lavage de l’extérieur, poursuit-elle. Aussitôt qu’il y a de petits trous et des recoins, ça va être difficile à nettoyer. Il faut vraiment des machines qui vont atteindre ces endroits ou ces formes très spécifiques, qui quelquefois sont très sales. Il y a de la rouille, de la boue, des graisses… »

Les systèmes de Proceco sont principalement affectés à deux usages. Ils servent d’une part au nettoyage des pièces en cours de production, pour les rendre immaculées en vue de l’étape suivante ou de la livraison.

Ainsi, vous pourrez aisément vous procurer chez Proceco un appareil conçu spécifiquement pour nettoyer vos roues de chemin de fer fraîchement usinées, ou un autre qui se consacrera au récurage de vos composants de turbine d’avion.

L’autre fonction courante est le nettoyage de pièces qui ont été démontées pour inspection, révision ou remise à neuf.

Proceco propose par exemple un tunnel dans lequel roulent les bogies de chemin de fer pour un nettoyage complet – une espèce de lave-auto.

Les trains d’atterrissage d’avions gros porteurs, jusqu’à 3,3 m de hauteur, sont lavés dans ce qui s’apparente à un énorme coffre-fort, muni de buses à mouvement de va-et-vient vertical.

On est loin du service à thé délicatement déposé dans le lave-vaisselle.

Pour d’autres applications, notamment dans la construction automobile, le défi se situe dans l’efficacité et la rapidité du nettoyage de petites pièces et composants, pour soutenir la cadence de production.

Tous ces appareils sont conçus et fabriqués à Montréal.

Proceco lave plus blanc

Sur le marché du nettoyage aérospatial, Proceco a presque fait place nette, oserait-on dire.

« On est les premiers qu’ils viennent contacter », soutient Yoly Ramos. Car étonnamment, ce n’est pas Proceco qui cogne à la porte des entreprises du secteur.

« C’est eux qui nous contactent », constate-t-elle.

Des entreprises d’un peu partout sur la planète ont appris que Proceco lavait plus blanc.

« Ça n’arrête pas. On reçoit des demandes d’Europe, de l’Inde, d’Australie… »

Toutefois, Proceco ne veut pas salir sa réputation en négligeant le service après-vente – une de ses grandes forces.

« Si on est trop éloignés et si on n’a pas une compagnie sous-traitante qui peut faire le travail d’après-vente et le service, on préfère rester en Amérique du Nord. »

Bloom a fait naître des voûtes en berceau

PHOTO ANNIE-CLAUDE BÉDARD, FOURNIE PAR BLOOM

Ajourées, les voûtes en berceau des pavillons d’exposition extérieurs de Bloom sont apparues dans la rue Sherbrooke Ouest, à Montréal, où elles accueillent la série d’expositions Espace sensible.

Les petits pavillons d’exposition extérieurs de Bloom ont continué à éclore cet hiver. Après une première apparition à Deux-Montagnes, durant la belle saison, Bloom a installé en janvier ses arches d’aluminium sur les trottoirs du centre-ville de Montréal, à l’angle des rues Sherbrooke et de la Montagne, pour accueillir du 13 janvier au 31 mars la série d’expositions extérieures Espace sensible. Issue en janvier 2021 du studio de design et de scénographie Créations Boume, Bloom se définit dorénavant comme une entreprise de mobilier urbain artistique et de mobilier d’exposition extérieur. Le petit pavillon, conçu par sa présidente et directrice artistique Marie-Ève Bourassa, est son premier produit. Ses arches – plus exactement des voûtes en berceau – sont constituées de feuillards d’aluminium dans lesquels ont été découpés des motifs ajourés. Elles servent d’éléments décoratifs urbains, de passages piétons, et surtout de supports pour des œuvres artistiques. Les voûtes Bloom sont éclairées par la lumière du jour qui filtre au travers de leurs parois, ou par un système d’éclairage programmable. Modulaires, elles peuvent faire l’objet d’installations permanentes ou temporaires. Elles sont fabriquées au Québec en sous-traitance. « L’intention est d’agrandir le portfolio de produits Bloom se situant entre l’art et le design », a indiqué Marie-Ève Bourassa par courriel.

Notre application de passeport vaccinal à la conquête du monde

Le passeport vaccinal d’Akinox franchit les frontières. La firme qui a développé les solutions de vérification de preuve de vaccination VaxiCode et VaxiCode Verif, utilisées par le gouvernement du Québec et les commerçants pour la gestion de la pandémie, a adapté ses applications pour les proposer sur le marché international, sous le nom Vaxvalet. Akinox, qui a conservé la propriété intellectuelle sur les procédés et la technologie derrière ces applications, en a dérivé un modèle de vérification de preuves vaccinales qui peut être mis en place dans les entreprises privées. Offerte dans 57 pays, dont les États-Unis, l’Inde et l’Union européenne, où elle peut se conformer aux exigences locales ou nationales, la plateforme Vaxvalet est en mesure de valider une cinquantaine de codes QR dans le monde entier. L’entreprise soutient que 300 millions de preuves vaccinales sont actuellement compatibles avec ses applications. Akinox a été fondée en 2010 par Alexander Dahl, qui en est toujours le président-directeur général.

Norda Stelo acquiert BEAP

La firme de génie-conseil Norda Stelo accroît ses actifs dans la gestion des actifs. Spécialisée notamment dans la durabilité et la prédictibilité des besoins de maintenance des actifs industriels – structures, bâtiments, équipement de production –, la firme de Québec veut accélérer sa présence mondiale dans ce segment en acquérant BEAP, une jeune entreprise en technologie et intelligence artificielle. BEAP a mis au point une plateforme de gestion des données d’actifs qui présente aux yeux de Norda Stelo un « potentiel immense », et à laquelle la firme de génie collaborait déjà depuis un an et demi. Appuyée par l’intelligence artificielle, cette plateforme aide à prendre des décisions rapides pour prévenir les bris sur des actifs statiques qui génèrent normalement peu de données : convoyeurs, concasseurs, ponts, réservoirs, réseaux de tuyauterie, etc. Cette acquisition se concrétise avec la création d’une nouvelle division, Norda Stelo Solutions, qui offrira des outils de gestion d’actifs dont la plateforme de BEAP sera le premier exemple. Norda Stelo, autrefois Roche, a été fondée en 1963. Elle était déjà engagée avec BEAP dans un projet commun de 1,2 million, soutenu par Investissement Québec, pour prédire les défaillances d’une série d’actifs statiques de l’industrie minière.

1 000 000

Un chiffre rond comme six lentilles. L’opticien communautaire Le bonhomme à lunettes a franchi le cap du million de dollars versés en dons à quelque 150 organismes communautaires du Québec. Pour chaque paire de lunettes vendue, l’entreprise fondée en 2007 par Philippe Rochette remet 10 $ à un organisme, ce qui permet de croire qu’elle en a vendu plus de 100 000. L’entreprise affirme ne pas avoir augmenté ses prix de base depuis 2007.