(Montréal) Le syndicat des 1125 débardeurs du port de Montréal et l’Association des employeurs maritimes vont vraisemblablement se retrouver bientôt à la table de négociations, les deux parties se disant prêtes, lundi, à renouer le dialogue.

Lia Lévesque
La Presse Canadienne

Dimanche, c’est à la quasi-unanimité que les débardeurs ont rejeté l’offre finale de l’employeur, dans une proportion de 99,71 %. Cette offre finale avait été présentée avant même la fin de la trêve de sept mois et sans qu’il y ait eu un rapport des médiateurs affectés au dossier.

Cette trêve avait été conclue après une dizaine de journées de grève, en août dernier.

Lorsqu’ils ont rejeté l’offre finale dimanche, les débardeurs ont aussi affirmé qu’ils voulaient revenir à la table de négociations.

« Au moment où on se parle, on n’est pas en mode de grève ; on est en mode de retour à la table de négociations, pour voir si l’employeur va véritablement négocier avec nous, plutôt que de tenter de nous imposer des conventions. On va voir s’il va changer son attitude à la table de négociations. On est dans ce mode-là. Donc, il n’est pas question de grève de la part du syndicat, mais de retour à la table de négociations », a insisté en entrevue Michel Murray, conseil syndical au Syndicat canadien de la fonction publique, affilié à la FTQ.

De son côté, l’Association des employeurs maritimes a aussi manifesté son ouverture. « Nous serons assurément à la table de négociations, puisque notre priorité demeure un règlement dans les plus brefs délais », a-t-elle fait savoir, par courriel.

L’Association des employeurs maritime dit attendre d’être convoquée par les médiateurs, comme la section locale du SCFP, d’ailleurs. Trois médiateurs ont été affectés au dossier par le ministère fédéral du Travail.

Les principaux points en litige sont les horaires de travail, la conciliation travail-famille-vie personnelle, le droit à la déconnexion et les mesures disciplinaires, a précisé M. Murray.

La convention collective qui lie les parties est échue depuis le mois de décembre 2018. Le premier vote de grève de cette section locale du SCFP remonte d’ailleurs à décembre 2018.

Pendant ce temps, des entreprises qui dépendent du port pour transporter leurs marchandises ou matières premières ont préféré faire affaire avec le port d’Halifax, puisqu’elles étaient dans l’incertitude face au déroulement continu des activités au port de Montréal.

Véronique Proulx, présidente-directrice générale des Manufacturiers et exportateurs, a déjà déploré l’incertitude qui plane et ses répercussions pour les entreprises qui dépendent du port. « Pour plusieurs entreprises, c’est des millions de dollars par semaine, pour nos grands exportateurs. Ça ajoute un coût qui n’était pas prévu », avait-elle affirmé, la semaine dernière.