Même si 280 000 foyers québécois n’ont pas accès à l’internet haute vitesse actuellement, le Québec est la deuxième province au pays en la matière.

Publié le 10 févr. 2021
Vincent Brousseau-Pouliot
Vincent Brousseau-Pouliot La Presse

Environ 91,8 % des foyers québécois ont accès à l’internet haute vitesse en date du 31 décembre 2019, selon les plus récentes données publiées par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Seule la Colombie-Britannique (93,5 %) a un meilleur taux d’accès à l’internet haute vitesse. L’Alberta (87,8 %) et l’Ontario (87,7 %) viennent respectivement au troisième et au quatrième rang.

« Ce sont des données encourageantes, mais il reste encore beaucoup de travail pour accélérer le déploiement de l’internet haute vitesse pour s’assurer que tous les foyers québécois soient branchés d’ici 2022 », indique le cabinet du premier ministre du Québec dans une déclaration écrite.

Le gouvernement de François Legault se donne comme objectif de brancher tous les foyers québécois à l’internet haute vitesse d’ici l’automne 2022. Il s’agit d’un engagement électoral de la Coalition avenir Québec.

Au Canada, le taux d’accès à l’internet haute vitesse était de 87,4 % au 31 décembre 2019. Environ 1,9 des 15,4 millions de foyers au pays n’ont pas accès à l’internet haute vitesse. La définition de l’internet haute vitesse, selon le CRTC : une connexion internet avec une vitesse de téléchargement de 50 Mbps, une vitesse de téléversement de 10 Mbps et un accès à des données illimitées.

Le Québec pense rattraper la Colombie-Britannique en 2022

L’objectif du gouvernement Legault de brancher 100 % des foyers d’ici 2022 est particulièrement ambitieux quand on le compare à celui de la Colombie-Britannique, chef de file en matière d’accès à l’internet haute vitesse, et à celui du gouvernement fédéral.

La Colombie-Britannique espère faire passer son taux d’accès à l’internet haute vitesse de 93,5 % à la fin de 2019 à 98 % en 2026. Le paysage montagneux de la Colombie-Britannique comporte ses défis en matière d’accès à l’internet haute vitesse.

Le gouvernement Trudeau, lui, s’est donné comme objectif de brancher 98 % des Canadiens d’ici 2026 et 100 % des Canadiens d’ici 2030.

20 000 foyers branchés en 2020

En 2020, environ 20 000 nouveaux foyers québécois ont été branchés à l’internet haute vitesse, selon le gouvernement du Québec. En un an, le nombre de foyers non branchés à l’internet haute vitesse est ainsi passé de 300 000 (au 31 décembre 2019) à 280 000 (au 31 décembre 2020), selon les chiffres de Québec.

Québec vise maintenant à brancher 15 000 foyers par mois. Pour atteindre son objectif de brancher tous les foyers québécois d’ici octobre 2022, Québec doit brancher en moyenne 6500 foyers par mois à partir du mois prochain. Vendredi dernier, Québec, Ottawa et Telus ont annoncé un projet de 24 millions pour brancher 2000 foyers dans 14 collectivités de la Basse-Côte-Nord, incluant les communautés autochtones de Pakuashipi (Saint-Augustin) et Unamen Shipu (La Romaine). Québec a investi 11 millions, Ottawa, 9,3 millions, et Telus, 3,6 millions.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

La communauté de Pakuashipi, sur la Côte-Nord

Parmi les 280 000 foyers restants, le gouvernement du Québec estime que le branchement de 170 000 foyers est déjà planifié d’ici juin 2022 en vertu de programmes gouvernementaux à Québec et à Ottawa. Il reste donc à financer le branchement de 110 000 foyers.

« La crise sanitaire que vit présentement le Québec a démontré de façon claire que l’accès à l’internet haute vitesse constitue un élément déterminant pour le fonctionnement et la compétitivité des entreprises, de même que pour l’école à distance et l’accès à certains services publics. Nous travaillons activement avec les différents intervenants pour lever les obstacles qui freinent les projets de l’internet en région », a indiqué le cabinet du premier ministre Legault dans une déclaration écrite.

Un élément particulier du dossier : Québec et Ottawa ne comptent pas de la même façon le nombre de foyers non branchés. Ottawa se fie aux données du CRTC colligées auprès des entreprises de télécoms, alors que Québec se fie à ces données ainsi qu’à d’autres données – plus précises, estime Québec – colligées auprès des municipalités et des MRC pour « obtenir un portrait réel des besoins ».

Ainsi, en date du 31 décembre 2019, Québec estimait que 300 000 foyers québécois n’avaient pas accès à l’internet haute vitesse. Avec les données fédérales, on arrive plutôt à 316 000 foyers. Le CRTC n’a pas dévoilé ses données au 31 décembre 2020 (donc, impossible de comparer pour l’instant avec les 280 000 foyers estimés par Québec).

Le Québec deuxième… sur quatre provinces

Avec les données fédérales, le Québec se classe donc au deuxième rang parmi les 10 provinces en matière d’accès à l’internet haute vitesse.

Mais si on compare des pommes avec des pommes, le Québec prend plutôt le deuxième rang sur quatre provinces (les quatre provinces les plus populeuses, où la population est davantage concentrée dans des centres urbains).

En matière d’accès à l’internet à haute vitesse, une province où la population est davantage concentrée dans de grands centres urbains aura généralement un meilleur accès à l’internet haute vitesse, car il est plus rentable pour les entreprises de télécoms d’installer l’internet haute vitesse dans une région densément peuplée (il y a davantage de clients).

Au Canada, l’Ontario est la province la plus densément peuplée. Selon Statistique Canada, 90 % des Ontariens vivent dans des agglomérations de recensement d’au moins 10 000 personnes, contre 89 % des Britanno-Colombiens, 83 % des Albertains et 81 % des Québécois. Sans surprise, ce sont ces quatre provinces qui ont les quatre taux le plus élevés d’accès à l’internet haute vitesse (entre 87,7 % et 93,5 %) au pays.

Les six autres provinces ont une population moins dense sur le plan géographique. Par conséquent, un moins grand pourcentage de leur population a accès à l’internet haute vitesse.