C’est en tentant de faire un coup d’argent avec un achat et une revente successifs en immobilier pendant ses années à Polytechnique Montréal que Bertrand Nembot a compris que des rénovations de qualité à bon prix sont chose rare. Dix ans après ses mésaventures, il a conçu un genre de Tinder entre propriétaires et entrepreneurs généraux… mais avec un chaperon entre les deux pour s’assurer de la qualité de la relation.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

L’idée

Billdr a lancé une place de marché en ligne qui accompagne les propriétaires résidentiels et les entrepreneurs tout au long de leur projet. L’entreprise a pour mission de rendre les travaux de rénovation simples, transparents et efficaces, soutient son PDG, Bertrand Nembot, dans une entrevue.

La société sert deux types de clients.

Pour le propriétaire d’une maison, la plateforme sur l’internet le met en contact avec un conseiller en rénovation de Billdr, lequel détaillera la portée de ses rénovations, trouvera des entrepreneurs certifiés et gérera son projet de rénovation résidentielle.

Pour l’entrepreneur général, Billdr a conçu une application mobile baptisée Billdr Pro qui regroupe des projets préqualifiés ainsi qu’une suite d’outils technologiques pour simplifier et automatiser la gestion administrative de ses activités et la relation avec le client.

Qui ?

Billdr est l’œuvre de quatre cofondateurs. D’abord, le PDG. Bertrand Nembot, ingénieur, est un Parisien d’origine qui rêvait de Montréal depuis un programme d’échange auquel il avait participé à l’adolescence.

À ses côtés, son meilleur ami d’enfance, un condisciple de Polytechnique et l’ami d’un ami. Dans l’ordre, François Jullien, chef de produit, Yahya Diallo, chef de l’exploitation, et Hugo Piso, développeur.

Le produit

Lancée en février 2020, la plateforme intelligente affecte un conseiller en rénovation au projet, qui guide et accompagne les propriétaires pas à pas dans leur projet de rénovation domiciliaire.

Pour des projets relativement simples comme la réfection d’une salle de bains, Billdr exige des frais de 249 $ aux propriétaires. À ce prix, un expert en rénovation définit la portée des travaux, dans le langage des entrepreneurs. Cet expert fournit ensuite une estimation indépendante de la valeur des travaux en amont du choix de l’entrepreneur.

« Cette estimation est remboursée si le client va de l’avant avec l’un des entrepreneurs du réseau Billdr, précise le PDG. On offre un soutien personnalisé aux propriétaires tout au long du processus de rénovation : avant, pendant et après. Le particulier n’est jamais laissé à lui-même », insiste l’homme d’affaires de 31 ans.

Pour des travaux d’envergure, par exemple ajouter un étage à une maison, Billdr propose les services de deux firmes d’architectes et de deux firmes d’ingénieurs qui s’occuperont des plans et factureront directement le particulier. Pour sa part, Billdr demande 2400 $ pour la gestion d’un projet d’envergure dans son entièreté.

Dans les deux cas, projets simples ou d’envergure, le gros des services fournis par Billdr est payé par les entrepreneurs qui décrochent les contrats en lui retournant 6,5 % de la valeur des travaux.

L’avenir

La première année d’exploitation, mise sur pause de mars à mai en raison du premier confinement, s’est terminée avec une vingtaine de projets réalisés d’une valeur totale de 1 million de dollars, uniquement sur la base du bouche-à-oreille.

« Le focus en 2021 sera sur la croissance. Billdr veut lancer la plateforme à Toronto dans les prochains mois et en 2022 dans trois ou quatre autres endroits au Canada. Il faut prouver qu’on a un modèle qui est capable de s’exporter et de supporter nos opérations dans plusieurs villes. C’est un indicateur d’une entreprise qui peut aller très loin aux yeux des investisseurs », explique-t-il.

Billdr soutient avoir amassé 650 000 $ lors d’une première ronde auprès d’anges investisseurs gravitant autour du réseau des cofondateurs, des mentors et d’anciens collègues du PDG du temps qu’il travaillait chez Uber au Canada, puis en Afrique et en Europe.