Le marché de l’habitation restera serré dans les années à venir, selon un récent sondage sur les intentions d’achat des ménages québécois.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Un Québécois sur quatre a en effet l’intention d’acheter une propriété résidentielle dans les cinq prochaines années. Dans l’île de Montréal, c’est plus du tiers de la population qui songe à l’acquisition d’une habitation.

Il semble que la COVID-19 ait aiguisé l’appétit des acheteurs. Les intentions en ce sens sont en hausse par rapport au précédent coup de sonde réalisé en 2018. Au provincial, l’intérêt est de 2 points de pourcentage plus élevé, passant de 23 % à 25 %.

L’enquête web réalisée auprès de 5000 répondants par la firme Léger a été commandée par un regroupement d’organisations actives en immobilier : l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), le Fonds immobilier de solidarité FTQ, la Société d’habitation du Québec (SHQ) et l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).

Pour les habitants de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, ce qui représente grosso modo le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal, 30 % des ménages envisagent l’achat d’une propriété au cours des cinq prochaines années, ce qui représente une hausse de quatre points de pourcentage par rapport à l’enquête réalisée en 2018.

Si on se concentre sur les habitants de l’île de Montréal, un ménage sur dix veut acheter une propriété en dehors de l’île. Les intentions d’achat atteignent 34 % des ménages. Parmi les Montréalais de l’île qui songent à acquérir une propriété, 33 % regardent à l’extérieur de l’île, en banlieue ou hors RMR (34 % de 33 % = 10,2 % ou 1 ménage sur 10).

Avant de parler d’exode, il faut savoir que bon nombre de ménages montréalais rêvent d’acquérir une propriété secondaire tout en gardant leur domicile dans l’île.

Pour ce qui est des migrations entre Montréal et les régions limitrophes, je parlerai de petite vague, pas de tsunami.

Paul Cardinal, économiste de l’APCHQ

Ensuite, les intentions d’achat ne se réaliseront pas toutes. « Ça reste une intention qui a moins de chances de se concrétiser que les intentions de vente », souligne M. Cardinal.

Dans la RMR de Montréal, 30 % des répondants rêvent d’acheter, mais seulement 16 % de ceux-ci envisagent de vendre. Au Québec, 25 % des répondants ont l’intention d’acheter, comparativement à 14 % des ménages qui souhaitent vendre.

« Il faut s’attendre à un marché de la revente encore favorable aux vendeurs au cours des prochaines années, car l’enquête démontre clairement que la demande restera potentiellement soutenue, pendant que l’offre de propriétés à vendre pourrait continuer de s’avérer insuffisante dans de nombreux secteurs de la RMR de Montréal », explique Charles Brant, directeur du Service de l’analyse du marché de l’APCIQ, dans un communiqué.

Le condo toujours pertinent

Le sondage nous indique par ailleurs que l’intérêt pour la copropriété se maintient aux niveaux de 2018 dans l’ensemble de la province, de même que dans la RMR de Montréal.

« Huit futurs acheteurs sur dix considèrent la présence d’un balcon privé comme très importante, ce qui peut certainement s’expliquer par l’expérience de confinement que les Montréalais viennent de vivre. L’importance de la qualité de l’air a aussi retenu l’attention des répondants, ce qui influencera certainement nos développements futurs », explique, dans un communiqué, Normand Bélanger, président-directeur général du Fonds immobilier de solidarité FTQ.

De l’action pour les centres de rénovation

L’enquête s’est aussi penchée sur les intentions de rénovation, et il y a matière à réjouissances pour les centres de rénovation.

Parmi ceux qui envisagent de vendre, un ménage sur deux pense dépenser 13 000 $ en moyenne avant la mise en vente, sans doute pour rendre la propriété plus désirable. Du côté des acheteurs, trois ménages sur cinq envisagent d’investir près de 16 000 $ en travaux de tous genres.

Faits saillants

– Hausse significative des intentions d’achat pour les cinq prochaines années

– Plus grand intérêt pour la périphérie et les résidences secondaires

– La demande pour la copropriété se maintient, mais les balcons sont recherchés