Dix jours après une acquisition d’environ 155 millions en Europe, CAE récidive en déposant une offre d’environ 40 millions US (52 millions CAN) pour les activités canadiennes de TRU, sises à quelques centaines de mètres des siennes, à Montréal.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

Cette division de TRU, elle-même une division du géant américain Textron, était chargée de la conception et de la construction de simulateurs pour des appareils commerciaux. TRU conserve ses activités liées aux simulateurs d’hélicoptères et de petits avions en tous genres, à Tampa.

C’est davantage dans un carnet de commandes, une base de simulateurs installés et des entrées chez de nouveaux clients que CAE investit. Les activités de fabrication de TRU à Montréal ont cessé au cours de l’été.

« Chez TRU, il y a eu un déclin substantiel de la demande et des annulations de commandes pour des simulateurs en raison des impacts prévus à long terme de la pandémie sur l’industrie du transport aérien », écrivait Textron dans un document acheminé à la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine le 18 juin dernier.

« Pour cette raison, TRU va cesser ses activités manufacturières à Montréal, ce qui entraînera la suspension de la production de ses simulateurs d’avions commerciaux. »

L’entreprise avait du même coup inscrit à ses livres une radiation de 55 millions US, soit plus de la moitié de sa valeur si l’on considère le prix obtenu auprès de CAE.

Mystère sur la fabrication

Une porte-parole de CAE, Pascale Alpha, a refusé mercredi de préciser quel sort était réservé aux activités manufacturières, notamment si elles seraient relancées ou si on chercherait plutôt à remplir les commandes du carnet de TRU avec des simulateurs de CAE.

« La transaction n’est pas encore clôturée, a-t-elle affirmé. Aujourd’hui, on ne peut pas en parler. Quand ce sera terminé, on parlera de la transition avec les employés. »

« L’acquisition de TRU Canada élargit le réseau mondial de simulateurs commerciaux en service et la clientèle de CAE, ainsi que l’accès à un plus grand marché pour les services de soutien du cycle de vie du simulateur », explique l’entreprise dans un communiqué.

L’acquisition de TRU Canada ajoute également des commandes de simulateurs au carnet de CAE et des simulateurs de vol à ses actifs, et lui donne accès à un certain nombre de compagnies aériennes clientes partout dans le monde.

Extrait d’un communiqué diffusé par CAE

Contrairement à CAE, TRU Canada n’offrait pas elle-même de formation à bord des simulateurs qu’elle conçoit. CAE met néanmoins la main sur une base de revenus récurrents provenant des 60 simulateurs installés chez des clients, lesquels continueront d’avoir besoin de mises à jour et de maintenance.

L’acquisition « devrait avoir un effet positif sur le bénéfice de CAE à compter de son premier exercice complet », affirme CAE, qui a toutefois refusé d’estimer les revenus additionnels sur lesquels elle espère mettre la main.

CAE a mis la main il y a 10 jours sur Flight Simulation Company, un autre concurrent, établi à Amsterdam. Au même moment, elle annonçait la clôture d’un placement public et d’un placement privé qui, combinés, ajoutaient 450 millions à ses coffres. Ces sommes, indiquait-on alors, étaient destinées « aux fins générales de l’entreprise, notamment pour financer ses occasions de croissance et d’acquisitions potentielles futures ».

« On veut être proactifs, sortir de la crise gagnants, plus forts », a expliqué Mme Alpha.