L’Institut de développement urbain du Québec (IDU) nomme Jean-Marc Fournier à titre de président-directeur général. Il entrera en fonction le 28 septembre.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

L’ancien député de Saint-Laurent et nouveau patron du lobby des promoteurs immobiliers aura de nombreux fers au feu, lui qui prend les commandes en pleine pandémie. L’IDU et l’équipe de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, sont notamment aux antipodes concernant la mise en vigueur du règlement sur la mixité avec l’intégration de logements sociaux et familiaux dans les projets immobiliers. Le règlement controversé doit entrer en vigueur le 1er janvier prochain. L’IDU souhaite des modifications au préalable.

La nomination de M. Fournier, 60 ans, survient après la démission du précédent PDG André Boisclair en mai dernier à la suite du dépôt d’accusations de nature sexuelle à son endroit. M. Boisclair a plaidé non coupable le 14 juillet. M. Fournier succède à Carl Cloutier, qui occupe le poste par intérim.

« Sa vaste expérience, son approche collaborative et sa fine compréhension des enjeux dans un contexte de grands changements ont été déterminantes dans la prise de décision de l’IDU », a expliqué l’organisation dans un communiqué.

Pendant 25 ans, Jean-Marc Fournier, avocat de formation, a été député à l’Assemblée nationale et il a dirigé de nombreux ministères : Affaires municipales, Éducation, Revenu. Il s’est retiré de la vie politique en 2018. Depuis, il a travaillé au cabinet de gestion de réputation SYRUS.

La Presse s’est entretenue avec Jean-Marc Fournier

Qu’est-ce qui vous a attiré à l’Institut de développement urbain ?

L’immobilier est un espace de vie commune. Que ce soit l’immobilier résidentiel, de bureaux ou commercial, ça reste un espace de vie pour l’ensemble des citoyens. Comment vit-on ensemble ? Je pense que ç’a toujours été un élément qui m’a particulièrement intéressé au cours de ma carrière. À l’heure de la pandémie, des choix doivent être faits, en espérant pouvoir apporter ma contribution auprès de tous ceux que l’IDU sert et auprès des décideurs publics.

Quel est le rôle de l’Institut, selon vous ?

Le regroupement veut faire entendre la voix de ceux qui apportent la contribution privée à l’espace public commun. Promoteurs, gestionnaires, propriétaires, tous ceux qui prennent le risque au départ, qui créent et ensuite qui font fonctionner des espaces où nous allons vivre ensemble. Outre les parcs et les places publiques, les espaces publics sont aussi les endroits où l’on se rencontre comme les restaurants, les tours de bureaux et les commerces. Ils font partie de nos vies.

Quelles seront vos priorités ?

Il y a des défis. Au niveau résidentiel, il y a la question [du règlement sur] la mixité. Au niveau des espaces de bureaux, il y a l’enjeu de se les réapproprier avec confiance. À partir de ce moment-là, c’est de ramener une vie active et économique, notamment dans le centre de Montréal, un enjeu pour tout le Québec. On peut rajouter la fiscalité, surtout dans le cadre de la pandémie. Quand on représente le secteur économique foncier qui fait face à des difficultés, on ne peut pas être autrement que partenaire avec la Ville qui, elle, tire ses revenus du foncier.

À ce propos, comment entrevoyez-vous les relations avec la Ville de Montréal ?

J’espère pouvoir être un bon partenaire. Je crois que lorsqu’on a à représenter une organisation comme l’IDU, l’objectif est d’avoir un échange honnête qui va dans les deux sens et qui permet de bien exprimer les finalités qu’on recherche et de trouver ensemble les moyens d’atteindre ces finalités. Actuellement, la question de la mixité est un enjeu fondamental. Tout le monde s’entend pour que l’on ait une ville inclusive. Il s’agit de voir si les moyens envisagés sont bons. Ce sera à nous de pouvoir déterminer avec la Ville s’il peut y avoir d’autres modifications pour atteindre correctement la finalité recherchée.